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ArjoWiggins : un redressement judiciaire qui inquiète

08 janvier 2019 à 22h16
La papeterie ArjoWiggins à Bessé-sur-Braye, dont les origines remontent à 1824
Crédit photo : ArjoWiggins

L’imprimeur industriel ArjoWiggins, qui exploite deux importants sites en Sarthe avec un total de près d’un millier de salariés, a été placé en redressement judiciaire ce mardi 8 janvier.

Situation aussi tendue que paradoxale chez ArjoWiggins : les carnets de commande sont bien remplis et les chaînes tournent, mais les coûts de la matière première connaissent une telle flambée que les comptes de l’imprimeur sont dans le rouge. Première conséquence : le groupe néerlandais Fineska BV, qui se disait prêt à racheter les entités de Bessé-sur-Braye et de Saint-Mars-la-Brière, a préféré retirer son offre juste avant Noël. Dès lors, et en l’absence de tout autre investisseur crédible, les perspectives semblent bien floues pour les 900 salariés sarthois qui ont appris, ce mardi 8 janvier, l’ouverture d’une procédure de redressement judiciaire.

Des prix de la pâte à papier au plus haut

"L’année 2018 a été relativement mauvaise uniquement du fait du prix de la pâte à papier qui a explosé. A côté de ça, on a un carnet de commandes très honnête et un vrai savoir-faire ici. On a recruté 150 personnes ces derniers temps pour faire face !" explique Alain Menu, délégué CGT d’ArjoWiggins à Bessé-sur-Braye, selon qui "Tout risque de capoter si on ne se bouge pas pour sauvegarder cette région économique dans laquelle certes on est loin de tout mais où il fait bon vivre avec des équipements sportifs, des écoles, des commerces… Un environnement qu’il est inimaginable de perdre !".

Catastrophe potentielle pour tout un bassin de vie

Jacques Lacoche, maire de Bessé-sur-Braye, le promet : "On va tous se mobiliser !" dit-il, déterminé à trouver une issue favorable dans ce dossier industriel qui impacterait "toute une région économique au-delà des 600 emplois besséens, puisqu’il y a une myriade d’entreprises satellites, de sous-traitants ici en Sarthe mais aussi en Loir-et-Cher". Encore faut-il dépasser le choc du redressement : "Tout ça est arrivé si vite, on avait un espoir d’être racheté par les Hollandais, il y avait des commandes, du travail, des embauches… Et du jour au lendemain c’est terminé. J’ai commencé à contacter mes collègues élus dans le secteur, on doit éviter la catastrophe !".