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Le Loir-et-Cher veut rester dans ses frontières

08 octobre 2018 à 15h20 Par Nicolas Terrien
Les conseillers départementaux de Loir-et-Cher ont, de nouveau, refusé le projet de la mairie du Gault-du-Perche.
Crédit photo : Nicolas Terrien

Le Conseil départemental de Loir-et-Cher, réuni en séance plénière ce lundi 8 octobre, a confirmé sa position déjà émise le 14 septembre dernier : pas question de laisser partir la commune du Gault-du-Perche en Eure-et-Loir. Son maire, Jeanine Laridans, affiche sa déception.

Pas de changement de position en trois semaines de temps pour les élus départementaux : A 27 voix contre et trois abstentions, ils ont rejeté la proposition de modification des limites départementales soumise par la ministre Jacqueline Gourault. Et les arguments n’ont pas varié : "Je reste très attaché à l’intégrité du territoire départemental" explique le président, Nicolas Perruchot, avant de préciser qu'il ne dispose à ce jour "d’aucune étude d’impact, tant sur les habitants que sur la commune et la communauté de communes des Collines du Perche".

Pourquoi cette volonté du Gault-du-Perche ?

C’est un fait, le bassin de vie de cette commune de 315 habitants est orienté vers les communes euréliennes de La Bazoche-Gouet et de Chapelle-Guillaume, plus que sur celle de Mondoubleau. C’est pourquoi le conseil municipal a décidé -à une courte majorité- d’entamer un projet de constitution de commune nouvelle. Sauf qu’une commune nouvelle à cheval sur deux départements, ce serait une première en France : "Pas question de créer un précédent" martèle Nicolas Perruchot, et de voir en plus le Loir-et-Cher amputé de 28 kilomètres carré de territoire, privé de 300 habitants et par conséquent d’une dotation globale de fonctionnement forcément revue à la -légère- baisse.

La déception de Jeanine Laridans

Présente dans les tribunes de la salle capitulaire de l’hôtel du département ce lundi matin, le maire du Gault-du-Perche a assisté à ces échanges : "Je suis déçue, car on ne prend pas du tout en compte l’avis de notre commune. On parle juste argent, alors que Le Gault-du-Perche n’a quasiment aucun impact... Nous voici devenu la « vache à lait » du département !". Même si elle reconnaît que le sujet fait encore débat au sein même de son conseil, Jeanine Laridans reste persuadée que l’avenir de sa commune se joue avec l’Eure-et-Loir : "Et je continuerai à porter cette volonté !" lâche-t-elle.

Jeanine Laridans, maire du Gault-du-Perche

Quel impact pour le Loir-et-Cher ?

La question avait déjà été posée par le député de la circonscription de Vendôme devant la Commission départementale de coopération intercommunale (CDCI) en septembre. "Où sont les études d’impact de cette décision ?" feint de s’interroger à nouveau Maurice Leroy. "En CDCI, le préfet s’est retourné vers ses services... Il n’y en a pas !". "Faux !" assure pour sa part Jeanine Laridans : "Deux spécialistes de l’Association des Maires de France nous ont aidés, et nous avons étudié l’impact fiscal pour les habitants : nous gagnerions à quitter les Collines du Perche pour intégrer le Grand Châteaudun". 200 euros de taxe sur le foncier bâti par an en moins, avance l’élue sur la base de son cas personnel...

Jeanine Laridans, maire du Gault-du-Perche

L’Eure-et-Loir reste muette !

Evidemment, il aurait été intéressant à ce stade des débats de connaître la position du Conseil départemental d’Eure-et-Loir sur la question. Sauf que... "Il a été saisi, mais a décidé de ne pas voter" explique Nicolas Perruchot. Etrange, d’autant que par voie de conséquence, ses limites départementales s’en retrouveraient forcément modifiées. "Je l’ignorais" confesse le maire du Gault-du-Perche, "mais je vais rapidement interpeller son président". En attendant, "Le Gault" reste loir-et-chérien !

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