À Blois, les marchands de livres entre passion et pression économique
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Modifié : 17h04 par Nicolas Terrien
Aux Rendez-vous de l’Histoire, qui mettent cette année les marchands à l’honneur, les livres s’échangent, les lecteurs flânent et les libraires se retrouvent. Mais derrière l’effervescence du festival, comment se porte le commerce du livre ? Rencontre croisée avec deux professionnels de la région.
À Blois, les Rendez-vous de l’Histoire attirent chaque année les passionnés, venus assister aux conférences, découvrir de nouveaux ouvrages ou simplement se laisser surprendre. Parmi eux, Eugène, un Blésois habitué du festival, ne vient pas avec une liste de courses bien définie. "Ce qui me plaît, c’est découvrir un bouquin, quelque chose qui m’intéresse", explique-t-il. Pour ses achats, pas de budget arrêté non plus : il fonctionne au gré de ses découvertes. "Là, j’ai acheté un livre sur la ligne Maginot, parce qu’il était relativement abordable". Avant de résumer sa démarche en quelques mots : "Je marche au coup de cœur". Une façon de rappeler que, malgré les contraintes économiques, le livre reste aussi une affaire de curiosité et de plaisir…
"On vend des livres" : le constat rassurant du festival
Pour Joël Hafkin, gérant de la librairie La Boîte à Livres à Tours, les Rendez-vous de l’histoire de Blois offrent une vitrine encourageante. Alors que le secteur du livre est régulièrement présenté comme fragilisé, le libraire se veut plutôt optimiste. "Le livre ne va pas si mal que ça, en tout cas chez nous". L’affluence du festival lui donne encore des raisons d’abonder dans ce sens : "On peut se réjouir quand le salon ouvre et que les gens entrent. C’est plein, et les gens nous demandent des livres, et on en vend !" Un constat qui ne se limite pas à Blois. Après un été compliqué, notamment en raison de la canicule, le mois de septembre a été bon pour sa librairie tourangelle. De quoi relativiser les inquiétudes, sans pour autant nier les difficultés du secteur.
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Des commerçants avant tout, dans un secteur sous pression
En revanche, le regard est plus préoccupé chez Olivier Labbé, qui vient de céder sa librairie indépendante à Blois et apporte désormais son soutien à son repreneur pendant le festival. Pour lui, le mot « marchand » n’a rien de péjoratif. "Nous sommes avant tout commerçants. ce n’est pas un gros mot d’être commerçant et de vendre". Mais derrière cette affirmation, la réalité économique est plus rude. "C’est très compliqué partout, dans tout le commerce", souligne-t-il. La chaîne du livre, estime-t-il, subit notamment des marges étroites et un prix du livre qui n’a pas augmenté depuis des années. Si les Rendez-vous de l’Histoire attirent un public acheteur, cette parenthèse favorable ne suffit pas à résumer la situation. Entre passion de transmettre, plaisir de découvrir et nécessité de vendre, les marchands de livres doivent trouver leur équilibre.
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