À Pont-Audemer, un foyer d'accueil pour victimes de violences en attente de financements

SWEET FM

Modifié : 11 septembre 2026 à 19h14 par Clément Chapusot / crédit photo : Sweet FM

Deux appartements d'urgence sont ouverts à Pont-Audemer pour mettre à l'abri les victimes de violences. Toutefois, le maire, Alexis Darmois, alerte sur les retards d'un projet de foyer d'accueil plus durable, symbole selon lui d'un manque de financements dans les territoires ruraux.

À Pont-Audemer, deux appartements d'urgence ont été créés, dont le dernier ce mois-ci, pour accueillir sur une durée d'environ un mois les victimes de violences, souvent conjugales. Ces hébergements doivent permettre de mettre rapidement à l'abri les personnes en danger et sont "occupés régulièrement" nous a indiqué le maire de la commune, Alexis Darmois. Mais pour un temps plus long et avec un accompagnement dédié,  un bâtiment appartenant au bailleur "La Siloge" doit être transformé en foyer d'accueil pour les victimes. Sauf que ce projet a pris du retard : "On n'a pas toujours eu le sentiment qu'ils le priorisaient dans leurs travaux, ça prend plus de temps qu'on ne le souhaiterait" constate l'élu.

Un projet freiné par le manque de financements

Au-delà des travaux, les difficultés se posent aussi sur la gestion future de la structure : "L'association qui était pressentie pour le gérer ne trouve pour l'instant aucun financement" indique Alexis Darmois, qui assure avoir saisi les services de l'État sur cette question : "J'ai interpellé le préfet puisqu'on entend partout que c'est une grande cause, mais la réalité, c'est qu'aujourd'hui, les financements nous manquent, ils sont principalement orientés vers les grandes agglomérations. Et dans les territoires ruraux comme les nôtres, il y a un vrai manque de financement".

Vers un fonctionnement "dégradé" si rien ne bouge

Sur la partie immobilière, le maire de Pont-Audemer se dit toutefois plus confiant : "Je pense que sur les travaux, on peut y arriver, mais sur le fonctionnement, on a encore du boulot" juge-t-il. Faute de financements suffisants, la structure pourrait voir le jour sans tous les moyens nécessaires pour l'accompagnement des personnes hébergées : "Parce que si on n'y arrive pas, on fera quand même ce lieu, mais dans un mode sans doute dégradé sur l'accompagnement" prévient-il.

Un appel à un effort à l'échelle du territoire

Le maire aimerait associer plus largement les pouvoirs publics : "Moi, je souhaite qu'on mène au-delà de la ville un travail communautaire puisque les victimes qui viennent se présenter à nous, elles viennent de tout le territoire, même largement au-delà de la communauté de communes" observe-t-il. Il plaide pour la création d'autres solutions d'accueil sur le secteur : "Et c'est vrai qu'idéalement, il faut qu'il y ait un effort concerté pour développer d'autres capacités diffuses sur le reste du territoire" avance-t-il.

Ecoutez le reportage de Clément Chapusot :