Au Mans, des aménagements pour limiter les dégâts des inondations

SWEET FM

Modifié : 8 octobre 2026 à 23h54 par Manon Foucault

Dans la capitale sarthoise, des aménagements ont été réalisés pour mieux absorber les crues. Les dispositifs se sont révélés efficaces lors des inondations de février dernier.

Après la crue de 1995, la ville du Mans a racheté et démoli les maisons situées en bord de rivière, le long de l'allée des Pêcheurs dans le parc du Gué-de-Maulny. Des aménagements ont ensuite été réalisés pour transformer ce secteur en zone d'expansion de crue, capable d'absorber naturellement les débordements de l'eau.

Des berges retravaillées pour ralentir la montée des eaux

Hélène Thomas, technicienne en prévention des inondations pour Le Mans Métropole, détaille les travaux menés sur les berges du site. "Les berges étaient toutes artificialisées, des murets béton, essentiellement. On les a retalutées pour permettre une expansion plus tranquille des crues. Déjà par rapport à la biodiversité et à la qualité écologique de la rivière. Quand les berges sont rectilignes, l'eau monte d'un seul coup et s'étale rapidement, alors que là, avec la berge en pente douce, la rivière peut s'étaler plus progressivement". L'île aux Planches joue un rôle similaire : "C'est un déversoir de crue. Ça permet au canal et à la rivière qui passent de chaque côté de se rejoindre quand l'eau monte et ça permet effectivement des zones d'étalement supplémentaires".

Un dispositif éprouvé lors des inondations de février

Dans l'agglomération, les inondations de février dernier ont particulièrement touché Le Mans, Coulaines et Arnage. Hélène Thomas tire un premier bilan des aménagements : "On a pu voir que les digues construites dans les quartiers Australie et Crétois ont été efficaces au Mans. Le parc du Gué-de-Maulny, qui est une zone d'expansion de crue, a bien pris l'eau, il a bien joué son rôle, ainsi que le déversoir de l'île aux Planches. On voit que ce qu'on met en place fonctionne, mais il y a aussi des actions, des syndicats de rivières en amont sur l'Huisne et sur la Sarthe".

Les crues, phénomène bénéfique pour la biodiversité

Noémie Morel, chargée de mission eau à France Nature Environnement Pays-de-la-Loire, rappelle l'intérêt écologique des épisodes de crues : "Les poissons ont besoin de zones en eau pour aller frayer, notamment le brochet. Il y a certaines espèces migratrices pour lesquelles la crue est un déclencheur de migration. Les crues permettent de réalimenter en eau les zones humides qui sont aussi des espaces de biodiversité très riches". Le Mans Métropole proposera dans quelque temps des balades mensuelles de sensibilisation aux inondations, animées par des spécialistes.

S'adapter pour limiter les dégâts à l'avenir

Face aux crues à venir, Noémie Morel insiste sur l'anticipation : "Ça commence par ne pas construire en zone inondable, mais quand on y est ou quand on risque d'y être, c'est d'être attentif aux consignes d'urgence, d'avoir un kit d'évacuation chez soi, d'équiper sa maison de batardeaux, de mettre les meubles en hauteur, de pouvoir apprendre à vivre avec les inondations aussi pour que les dégâts ne soient pas trop importants quand elles surviennent". Le réchauffement climatique ajoute une autre menace, selon Hélène Thomas : "On a de plus en plus d'inondations liées au ruissellement et aux gros orages et en fait au réseau qui déborde et au ruissellement sur les routes, sur les zones naturelles. Et il ne faut pas que surveiller la Sarthe et l'Huisne, même à un endroit où il n'y a pas de cours d'eau, si un orage tombe fort, il peut quand même y avoir des inondations".

Ecoutez le reportage de Manon Foucault :