Aucun problème de stationnement à Blois ? Vraiment ?

Le maire de Blois soutient que le stationnement n'est pas un problème dans le centre-ville.

Modifié : 15h28 par Nicolas Terrien

Alors que la municipalité fait évoluer son offre de stationnement en cœur de ville, le maire Marc Gricourt assure qu’il n’y a "pas de problème de stationnement à Blois". Une affirmation qui tranche avec le ressenti de nombreux automobilistes. Derrière cette apparente contradiction, les chiffres semblent raconter une réalité plus nuancée.

"Il n’y a pas de question du stationnement à Blois. On peut se garer à Blois", affirme Marc Gricourt. Pour le maire, les données d’occupation des parkings souterrains sont sans ambiguïté : les trois parkings en ouvrage affichent en moyenne 55 % d’occupation en semaine, toute la journée. Autrement dit, près d’une place sur deux reste disponible. "Ça veut dire qu’il y a du stationnement facile, possible, sécurisé et pas cher", défend l’édile. Mais c’est précisément là que se situe le décalage avec le ressenti des automobilistes. Car la disponibilité moyenne d’un parking souterrain ne signifie pas nécessairement qu’une place est immédiatement accessible à proximité du lieu où l’on souhaite se rendre. Chercher une place dans une rue commerçante, tourner autour d’un secteur très fréquenté ou trouver une solution pour quelques minutes peut donner une tout autre impression que celle produite par les statistiques globales. La municipalité tente justement d’améliorer cette rotation. Le barriérage du quai Saint-Jean doit permettre de libérer davantage rapidement les places, tandis que les zones bleues passent de 20 à 30 minutes sur l’axe Wilson-Porte Côté. Une manière de répondre à l’usage très ponctuel du centre-ville, sans nécessairement augmenter le nombre de places.

Marc Gricourt au micro de Nicolas Terrien :

"Une parmi les moins chères" de France ?

L’autre argument avancé par Marc Gricourt concerne le prix. « En Centre-Val-de-Loire, peut-être même en France, Blois est la ville où se garer le moins cher », déclarait-il à Sweet FM en début de semaine, avant de nuancer : "En tout cas, une parmi les moins chères". Le maire affirme s’appuyer sur un travail de comparaison mené depuis plusieurs années avec d’autres villes. Cette politique tarifaire est notamment liée au choix de la municipalité lors de son premier mandat, marqué par le retour en gestion publique du stationnement. Depuis, la ville conserve la maîtrise de ses tarifs, mais la gratuité a bien un coût. Et lorsque la collectivité décide d'accorder des avantages aux automobilistes, "c’est évidemment la ville qui compense". A Blois, la première heure dans les parkings en ouvrage est gratuite. La deuxième peut également l’être grâce au « chèque stationnement » remis par les commerçants à leurs clients. Avec un tarif horaire de 1,40 euro, le dispositif peut donc représenter jusqu’à 2,80 euros d’économie pour deux heures de stationnement. Dans les faits, la dépense moyenne des automobilistes reste toutefois limitée à Blois : 1,80 euro pour une durée moyenne inférieure à deux heures.

Marc Gricourt au micro de Nicolas Terrien :
Les offres de stationnement souterrains à Blois affichent des taux d'occupation entre 50 et 60%.

Le vrai problème est-il celui du stationnement… ou de sa perception ?

Les chiffres plaident donc en faveur d’une offre abondante et relativement abordable. Mais ils ne suffisent pas à effacer le ressenti de ceux qui cherchent une place au mauvais endroit, au mauvais moment. C’est sans doute toute l’ambiguïté du débat blésois : il peut exister des places disponibles tout en donnant le sentiment qu’il est difficile de se garer. Marc Gricourt en veut pour preuve les retours de certains professionnels du centre-ville. Mais il reconnaît aussi la nécessité de poursuivre les ajustements : "Ça ne veut pas dire qu’il ne faut pas que nous soyons attentifs à faire que cette politique de stationnement réponde toujours mieux aux attentes de celles et ceux qui travaillent en centre-ville, qui y habitent, et ceux qui viennent consommer en centre-ville". Au fond, la question n’est donc peut-être pas de savoir si Blois manque globalement de places. Les chiffres semblent plutôt dire le contraire. La véritable question est celle de l’adéquation entre l’offre disponible, son emplacement, sa rotation, son prix et les habitudes des usagers. Et sur ce terrain-là, entre statistiques et expérience quotidienne, le débat est loin d’être clos…