Bellême : l'incertitude face à l'avenir après l'annulation des "Mycologiades"
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Modifié : 10 octobre 2026 à 0h15 par Tanguy Papin / crédit photo : Wilfrid Tocqueville
Initialement prévues ces 10 et 11 octobre en forêt de Bellême, les "Mycologiades", grand rendez-vous des amateurs de champignons, n'auront pas lieu. La sécheresse persistante, dans le Perche comme ailleurs, a contraint l'organisation à une annulation inédite.
Prévues à l'origine durant ce week-end des 10 et 11 octobre en forêt de Bellême, les "Mycologiades" n'auront finalement pas lieu. L'association qui organise l'événement a dû se résoudre à cette annulation, une première depuis 1976, année de sécheresse elle aussi. En cause : le manque de pluie persistant dans les forêts du Perche, ce qui ne favorise évidemment pas l'apparition de champignons, ou tout du moins, en quantité suffisante.
Une forêt passée au crible avant l'annulation
Daniel Jean, président des "Mycologiades", a lui-même arpenté la forêt avant les journées pour évaluer la présence de champignons : "J'ai trouvé très peu d'espèces, pas suffisamment pour faire une exposition". Et face à une météo avare en pluie, même après les averses de la dernière quinzaine, il a fallu se faire une raison pour les organisateurs : "Les feuilles absorbent le peu d'eau qui est tombé, donc le sol n'est pas assez humide" décrit Daniel Jean.
Le phénomène expliqué par la science
Antoine Géry, docteur en pharmacie et maître de conférence en mycologie à l'université de Caen, décrit le processus biologique à l'œuvre : "Un champignon, c'est composé de 80 à 90% d'eau. S'il n'y a pas d'eau, ils ne vont pas pouvoir se développer normalement. La sécheresse qu'on a là, elle va avoir pas mal d'impacts différents. Premièrement, le plus évident, c'est la réduction de l'émission des champignons. Les rares champignons qui vont sortir vont être souvent de taille réduite".
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Une situation évidemment déplorable pour les "mycophages" ou "mycovores" comme on appelle les cueilleurs les plus assidus : "Les champignons ne vont pas sortir quand ils le souhaitent pour remplir la casserole" sourit Antoine Géry. Par ailleurs, les "Mycologiades" visant à présenter la diversité des champignons dans la forêt de Bellême, le faible développement des espèces est aussi très négatif.
Une organisation de plus en plus incertaine
Pour Daniel Jean, l'avenir de l'événement reste flou tant les conditions climatiques se dégradent à vive allure : "Depuis quelques années, c'est de plus en plus sec, donc on organise toujours dans l'inconnu, parce qu'on se demande s'il va y avoir de la pluie, on croise les doigts à chaque fois". Pour les membres du comité d'organisation, la situation est source de découragement : "On ne veut pas organiser les Mycologiades s'il n'y a rien à montrer aux gens".
Un objectif pédagogique avant tout
Les "Mycologiades" ne sont pas un rendez-vous dédié à la cuisine des champignons. Daniel Jean insiste sur la dimension pédagogique de l'événement, qui va manquer cette année : "Il faut savoir qu'il y a tous les ans des gens qui s'empoisonnent en mangeant des champignons qui pensent être bons et qui ne le sont pas". L'idée est, néanmoins, de respecter ces espèces vivantes, ainsi, même si on croise sur le bord du chemin une de ces fameuses "amanites tue-mouche", champignon devenu symbole des espèces dangereuses, il ne faut pas la détruire : "C'est une attitude qu'on apprend aux gens, souvent accompagnés d'enfants : ces espèces, il faut les laisser, ne ramassez que les champignons que vous reconnaissez visuellement et préserver la biodversité" appuie Daniel Jean.
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La possibilité de repousser les "Mycologiades" au mois de novembre est à l'étude, même si cette solution complique l'organisation et ne garantit pas davantage la présence de champignons dans les bois de Bellême, en particulier à cause cette fois... du gel.
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