Cancer du sein : à Rouen, une opération préventive moins invasive au centre Becquerel

Opération Becquerel

Modifié : 19h03 par Julien Dubois / crédit photo : centre Becquerel

A Rouen, le centre de cancérologie Becquerel a réalisé l'an dernier la première mammectomie par endoscopie avec reconstruction immédiate. Une avancée majeure dans le cadre de la chirurgie préventive des femmes présentant un risque élevé de développe un cancer. Une dizaine de patientes ont depuis été opérées par les équipes du docteur Carrilho.

Dans le cadre du mois de sensibilisation "Octobre rose", focus sur une opération préventive pour les femmes qui présentent un risque élevé de développer un cancer du sein. Depuis l'an dernier, le centre de cancérologie Henri-Becquerel, à Rouen, pratique une mammectomie, c'est à dire l'ablation du sein, par endoscopie avec reconstruction immédiate. Une technique moins invasive dans cadre d'une chirurgie préventive : "Ces patientes vont avoir, en fonction du type de mutation génétique, 70 à 80% de risques de faire un jour dans leur vie un cancer du sein. Le risque de la population générale est d'une femme sur huit. Et quand on propose la chirurgie aux patientes qui ont une mutation génétique, on estime qu'elles vont retomber dans le risque de la population générale" explique le docteur Julien Carrilho, qui a réalisé la première intervention.

Une cicatrice moins visible

En 2013, le sujet de la chirurgie prophylactique avait été abordé par l'actrice Angelina Jolie, qui avait subi une double ablation en raison d'un risque important de cancer. Les techniques ont depuis évolué. Émilie a été la première patiente opérée à bénéficier de la nouvelle technique utilisée par le centre Becquerel. Le risque d'infection est réduit, tout comme la taille de la cicatrice. "Normalement, vous avez une grande cicatrice sous chaque sein. Et là, j'ai une petite cicatrice sur le côté du sein cachée par mes bras. La cicatrice est bien moins importante, donc la convalescence l'a été aussi" relate-t-elle.

Étendre la technique aux patientes malades

Grâce à cette technique, la reconstruction du sein est immédiate où nécessite quelques interventions, via une prothèse où un transfert de graisse depuis une autre partie du corps. A terme, l'objectif est de l'étendre aux femmes malades, dans le cadre d'un protocole bien défini, au cas par cas : "Au-delà d'un bonnet C, la technique chirurgicale n'est pas réalisable. Et des limites qui seront cancérologiques. On ne peut pas faire une chirurgie chez des patientes qui ont une atteinte de la peau. Quand on prend en charge un cancer du sein et qu'on veut faire une reconstruction, on va garder la peau du sein et donc il faut que la peau soit saine" précise le docteur Julien Carrilho, qui a réalisé une dizaine d'opération chirurgicales de ce type depuis celle d’Émilie à l'automne 2025.