Défense : jusqu’à 5 000 emplois à pourvoir en Centre Val de Loire d’ici 2030
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Modifié : 15 septembre 2026 à 18h37 par Nicolas Terrien
Le ministre du Travail Jean-Pierre Farandou était à Selles Saint-Denis ce mardi 15 septembre, pour dévoiler « France Travail Défense ». En Centre Val de Loire, entre 3 000 et 5 000 emplois pourraient être créés ou renouvelés dans les prochaines années. Sur le terrain, les parcours de reconversion montrent déjà que la filière peut attirer de nouveaux profils.
Sur le site de MBDA de Selles-Saint-Denis, Jean-Pierre Farandou a rencontré des salariés dont les parcours illustrent les possibilités de reconversion offertes par l’industrie de défense. Grégory, qui habite Romorantin, travaillait auparavant comme conducteur d’engins forestiers. Sans activité, il est contacté par France Travail et se voit proposer une méthode de recrutement par simulation (MRS) pour intégrer le missilier. "J’ai eu une perte d’emploi. Et puis du coup, France Travail m’a contacté et m’a proposé une méthode MRS pour MBDA", raconte-t-il directement au ministre. Six ans après son arrivée, le salarié ne regrette pas son choix : "Je voulais aller dans l’industrie. Donc la défense, c’est encore mieux". Même changement de cap pour Émilie. Après dix années dans le commerce, cette salbrisienne décide, à 40 ans, "d’apprendre de nouvelles choses" et de changer complètement de secteur. Une opportunité proposée par France Travail l’amène finalement chez MBDA, après une formation. Deux ans plus tard, elle y est toujours. Ces deux parcours donnent un visage concret à l’un des enjeux du plan présenté par le ministre : faire connaître ces métiers à des personnes qui ne se seraient pas forcément spontanément tournées vers l’industrie.
100 000 salariés recherchés en France
Car les besoins sont considérables. À l’échelle nationale, l’industrie de défense devra trouver 100 000 salariés d’ici 2030, en raison à la fois des nombreux départs à la retraite et du développement des entreprises du secteur. "Je suis venu lancer un plan national pour donner à l’industrie de la défense les salariés dont elle a besoin", explique Jean-Pierre Farandou. Pour y parvenir, France Travail doit notamment renforcer son accompagnement avec trente conseillers spécialisés, tandis que 15 000 plans opérationnels pour l’emploi supplémentaires doivent être déployés pour répondre aux besoins de formation. Le ministre insiste également sur la nécessité d’élargir le recrutement. Et notamment de féminiser davantage une industrie encore largement masculine. "Il n’y a plus de métier genré. Dans l’industrie, tous les métiers sont accessibles", affirme-t-il, appelant les jeunes filles et les femmes à ne pas s’interdire ces carrières. Pour Jean-Pierre Farandou, l’attractivité passe aussi par la rémunération et le sens donné au travail. Il cite notamment le cas des soudeurs spécialisés "à plus de 3 000 euros par mois à 22 ans", mais souligne également la dimension liée à la souveraineté nationale : travailler pour l’industrie de défense, c’est, selon lui, "participer" à la protection du pays.
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Jusqu’à 5 000 emplois en Centre-Val de Loire
La région n’échappe pas à cette dynamique. Selon David Gallier, directeur régional de France Travail Centre-Val de Loire, quatre grands industriels de la défense sont implantés sur le territoire : Thalès, Safran, KNDS et MBDA. À cela s’ajoute tout un réseau de sous-traitants. Résultat : 3 000 à 5 000 emplois pourraient être concernés dans la région au cours des trois à quatre prochaines années. "C’est une vraie dynamique, et on doit se devoir d’anticiper les besoins en compétences", estime David Gallier. Pour y parvenir, France Travail entend travailler directement avec les industriels afin d’identifier leurs besoins et de mettre progressivement les formations en face. La méthode de recrutement par simulation doit également permettre de repérer des aptitudes plutôt que de se limiter aux diplômes ou aux expériences professionnelles. Une approche qui peut ouvrir la porte à des profils issus d’autres secteurs. À Selles-Saint-Denis, les parcours de Grégory et d’Émilie montrent déjà que ces passerelles sont possibles. Reste désormais à les multiplier pour répondre à une équation qui s’annonce particulièrement ambitieuse : 100 000 recrutements à l’échelle nationale et jusqu’à 5 000 dans la région d’ici quelques années.
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