Du Mans à Shanghaï : le boulanger Antoine Nivault dans le top 10 mondial

Antoine Nivault

Modifié : 18 octobre 2026 à 21h01 par Manon Foucault

Formé au centre de la Chambre de métiers et d'artisanat de la Sarthe, au Mans, Antoine Nivault, 21 ans, a représenté la France en Chine, lors des championnats du monde WorldSkills à Shanghaï, le mois dernier.

Le parcours d'Antoine Nivault est une revanche sur l'école. À 21 ans, ce jeune Sarthois s'est lancé dans le métier de boulanger après un stage de troisième, faute d'autre option : "J'ai fait ça parce qu'il fallait que je trouve un truc, parce que je pouvais pas aller en lycée général. Au début, ça me plaisait pas forcément. D'année en année, le fait de transformer les matières premières en produits finis, c'était vraiment incroyable. Et même sortir de beaux produits avec de bons ingrédients, c'est toujours plaisant. La qualité c'est vraiment le plus important pour moi".

Un parcours semé de concours

Antoine Nivault rejoint ensuite le centre de formation de la Chambre de métiers et d'artisanat de la Sarthe, au Mans, pour préparer un brevet de maîtrise. Son professeur le pousse à s'inscrire aux WorldSkills, les olympiades des métiers, pour s'améliorer : "On m'a dit que ma qualification aux épreuves départementales s'était faite de justesse. La suite, c'était aux régionales, on n' était plus que six. Là, je suis arrivé premier puis j'ai représenté les Pays-de-la-Loire au niveau national à Marseille. Grâce au concours, c'est vraiment là que la passion est venue". C'est dans la cité phocéenne qu'il est sacré champion de France.

Antoine Nivault

Direction Shanghaï pour les mondiaux

Un an et des semaines d'entraînement plus tard, Antoine Nivault s'envole mi-septembre pour la Chine, direction Shanghaï et les championnats du monde : "J'ai eu deux jours un peu compliqués. Tout ne s'est pas passé comme prévu : des problèmes techniques, des problèmes de matières premières, aussi. Je suis arrivé dixième. Antoine Nivault s'est notamment distingué par sa pièce artistique sur le thème de l'année du cheval : "C'est un socle avec un bouclier qui représente l'horloge des signes astrologiques. Au-dessus de ce socle, un cheval qui est un peu cambré, avec une crinière en feu. J'avais deux éventails rouges, un à gauche, un à droite du socle, avec des bambous qui partaient dans tous les côtés".

Le soutien de son professeur

Durant des semaines, le jeune boulanger s'est entraîné sans relâche, guidé par son professeur : "Il était là pour me donner des conseils, on a avancé super vite. Il sait que j'ai tout donné. Il m'a dit : si tu avais abandonné, là, je t'en aurais peut-être voulu. Il m'a dit qu'il était fier de moi. Je suis déçu de la fin de l'histoire mais je suis très content de l'expérience que j'ai prise, des personnes que j'ai pu rencontrer et qui m'ont aidé. Franchement, c'était une aventure incroyable. Et je suis content de moi parce que je ne pensais pas travailler autant dans ma vie, parce que j'étais quelqu'un qui foutait rien à l'école. Je suis fier de moi".

Miam

Un message aux jeunes en décrochage

Ses études terminées, Antoine Nivault souhaite désormais exercer ses talents de boulanger dans un palace. Un rêve qu'il n'aurait osé imaginer il y a quelques années, lorsqu'il était en décrochage scolaire. Il adresse un message aux adolescents dans la même situation : "Je leur dirais d'essayer d'aller dans les métiers un peu manuels, de bouche, tous ces métiers-là qui sont un peu dévalorisés, dont on ne parle pas forcément à l'école. A l'école, tu veux devenir dentiste, avocat, astronaute et j'en passe. Mais tous les métiers de bouche, tu peux réussir ta vie en faisant ces métiers-là, il faut juste travailler. De toute façon, tu vas travailler dans n'importe quel métier pour réussir".

Ecoutez le reportage de Manon Foucault :