Duralex : l'entreprise repart, mais pas tous ses salariés

Duralex

Modifié : 17h01 par Emilien Borderie / crédit photo : Orléans Métropole

C'est la holding "Tomé" dirigée par Cédric Meston qui a été choisie par le tribunal de commerce d'Orléans pour reprendre la célèbre verrerie industrielle Duralex à La Chapelle-Saint-Mesmin.

"C'est une décision importante parce qu'elle préserve 155 emplois, parce qu'elle préserve sur notre territoire cette très belle marque dont nous sommes tous fiers, parce qu'elle préserve aussi un outil industriel" a martelé François Bonneau, président du Conseil régional de Centre-Val-de-Loire, dans une allocution au lendemain de l'annonce du rachat de la verrerie Duralex à La Chapelle-Saint-Mesmin par la holding "Tomé" que dirige Cédric Meston : cet homme d'affaire a, dernièrement et notamment, repris Tupperware, autre marque emblématique. Pour l'usine loirétaine, il s'associe avec Xavier Niel, patron de l'opérateur "Free". L'Etat français abondera à hauteur de 4 millions d'euros et les collectivités locales, elles, s'engagent à apporter 2 millions d'euros.

L'argent perdu des "petits" investisseurs

Promettant de "passer du gaz à l'électricité" pour alimenter le four duquel sortent les iconiques verres Duralex, le nouvel acquéreur entend modernier les outils et ainsi limiter les émissions de gaz à effet de serre. Mais le projet ne se concrétisera pas, d'une part, sans "casse" sociale puisque 65 des 219 salariés devront partir et, d'autre part, sans causer de pertes pour les "petits porteurs" qui avaient injecté de l'argent lors de la reprise en coopérative deux ans plus tôt : "Dans le cadre d'un plan de cession, le passif de l'entreprise, ses titres participatifs, ses dettes fournisseurs et autres ne sont jamais repris, la validation de l'offre de cession acte par conséquent la perte de votre investissement" confirme un message qui leur a été adressé.

Au chevet des employés non repris

Tout en se félicitant d'avoir franchi, "avec difficulté" souligne-t-il, une "étape décisive pour l'avenir de l'entreprise, de ses savoir-faire et de ses salariés", François Bonneau assure à celles et ceux que la reprise de Duralex laissera sur le carreau que "la région sera à leurs côtés pour la formation dont ils peuvent avoir besoin pour repartir, se relancer vers un nouvel emploi, ainsi que pour les accompagner dans leur reclassement". Serge Grouard, maire et président d'Orléans Métropole, appuie : "Nous appliquerons la même méthode que celle qui a déjà permis à plus de la moitié des anciens salariés de la société Brandt, fermée il y a dix mois, de trouver une solution, avec des formations ciblées, des salons de l'emploi dédiés et l’engagement d’un suivi strict".

Orléans
François Bonneau, président du Conseil régional de Centre-Val-de-Loire :

Quant au soutien financier que promet d'apporter le Conseil régional de Centre-Val-de-Loire -une somme d'un million d'euros-, le président Bonneau précise qu'il s'agit "d'un prêt visant à financer la transformation de l'outil industriel et faire en sorte que la reprise soit durable et solide, qu'elle permette à Duralex de repartir pour une vraie nouvelle et longue étape". Serge Grouard, côté agglo orléanaise -1 millions d'euros également-, reprend pour sa part les arguments de Cédric Meston : "L'ambition n’est pas de sauver l'entreprise une cinquième fois, mais de la transformer pour de bon : un site redimensionné, désendetté, et un four électrique d’ici 2029 pour faire de Duralex le verre le plus vert au monde".