Écoles : le mur démographique se rapproche en Centre-Val-de-Loire

Rentrée scolaire

Modifié : 2 septembre 2026 à 19h02 par Nicolas Terrien

La rentrée 2026 confirme une tendance qui ne relève plus de la projection : l’académie Orléans-Tours perd plus de 7 000 élèves, dont près de 4 700 dans le premier degré et plus de 2 400 dans le second. Et la baisse devrait s’accélérer : plus de 65 000 élèves pourraient disparaître des écoles, collèges et lycées de la région d’ici 2035. Face à ce "mur démographique", le recteur Jean-Philippe Agresti appelle à changer de méthode et surtout à anticiper.

"La baisse démographique de nos effectifs scolaires est là" constate Jean-Philippe Agresti. À la rentrée 2026, l’académie Orléans-Tours compte précisément 7 092 élèves de moins qu’en 2025, passant de 428 320 à 421 228 inscrits. Le recul touche d’abord le premier degré, avec une baisse de 4 679 enfants, soit plus de 2%. Le second degré n’échappe plus au phénomène, avec 2 413 élèves (-1,2%). Et ce n’est que le début. Les projections du ministère de l’Éducation nationale tablent sur 66 500 élèves de moins sur le territoire régional à l’horizon 2035, soit une baisse de 16,52% dans le premier degré et de 14,43% dans le second. Une conséquence directe de la diminution des naissances : la France en a enregistré 645 000 en 2025, soit 24% de moins qu’en 2010. "C’est un vrai sujet pour l’école, pour les élus, mais c’est aussi un sujet de société, un sujet fondamental" souligne le recteur au micro de Sweet FM ce mardi 1er septembre.

Ne plus subir les fermetures, mais anticiper

La première réponse défendue par Jean-Philippe Agresti est méthodologique. Dans l’Indre, l’académie expérimente une carte scolaire pensée sur trois à cinq ans, en associant élus, parents et équipes pédagogiques. L’objectif : ne plus découvrir au printemps une fermeture de classe pour la rentrée suivante, mais construire une trajectoire à moyen terme. "Il faut que nous puissions avoir un projet collectif qui nous permette d’anticiper des décisions et de savoir ce que nous allons faire dans les années à venir face à cette déprise démographique historique" explique-t-il. Une logique appelée à dépasser la seule question des effectifs : "Ce que nous voulons, c’est décider ensemble d’une école pour nos élèves, pas forcément d’une école pour ma commune". Pour le recteur, le début du mandat des nouvelles équipes municipales constitue précisément le bon moment pour engager cette réflexion. Avec néanmoins un principe clairement affiché : "Pas de fermeture d’école sans le consentement du maire".

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Transformer la baisse en levier pour les territoires

Moins d’élèves ne signifie toutefois pas nécessairement moins de moyens. Jean-Philippe Agresti rappelle que le taux d’encadrement s’est amélioré depuis dix ans dans l’académie. Par exemple, cette rentrée 2026 voit 21 postes supplémentaires dans les métiers de l’accompagnement : psychologues, infirmiers et assistants sociaux. L’enjeu est donc aussi de profiter de la baisse des effectifs pour améliorer les conditions d’apprentissage et l’accompagnement des élèves. Mais les conséquences territoriales seront majeures, particulièrement dans les zones rurales, déjà fortement touchées. La réflexion doit désormais intégrer les collèges et les lycées, mais aussi les temps de transport et l’utilisation des internats car face aux 66 500 élèves appelés à disparaître en dix ans, l’enjeu ne sera pas seulement de gérer une baisse : il s'agira aussi de "repenser l’école et son implantation pour qu’elle reste un outil d’attractivité et d’équilibre pour les territoires du Centre-Val-de-Loire" selon Jean-Philippe Agresti.

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