En Centre-Val-de-Loire, les rivières s’assèchent et le niveau des nappes inquiète
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Modifié : 20h17 par Nicolas Terrien
Des cours d’eau à sec, des nappes fragilisées dans le sud de la région et des épisodes de sécheresse appelés à durer : en Centre-Val-de-Loire, la ressource est sous pression. Mais la situation reste très contrastée. Si la nappe de Beauce joue encore son rôle de réserve, les scientifiques appellent à changer dès maintenant notre manière de gérer l’eau.
Il suffit parfois de regarder une rivière pour mesurer le problème. Dans le Loir-et-Cher, Aymeric Duverdier, directeur du Conservatoire d’espaces naturels, constate des assecs de plus en plus fréquents. Sur le bassin de la Cisse, "la partie la plus en amont, normalement de source, est souvent à sec, année après année". Et la Sologne n’échappe pas au phénomène, malgré son importante réserve : certains cours d’eau affichent désormais des débits "très inférieurs" à ceux connus auparavant. Cette fragilité des rivières est directement liée à celle des nappes souterraines. Or le climat change : la température moyenne a augmenté de 1,7 degrés en 60 ans dans la région. D’ici 2070, le bassin de la Loire pourrait connaître jusqu’à 50 jours supplémentaires de basses eaux par an, avec des débits estivaux en baisse pouvant atteindre 60% !
Beauce préservée, Berry plus fragile
Sous nos pieds, la situation est cependant "très hétérogène", explique Ariane Blum, directrice de l’eau au Brgm. La nappe de Beauce a terminé l’été légèrement au-dessus de la normale. Sa capacité à stocker l’eau sur plusieurs années et les hivers précédents, plutôt excédentaires, lui ont permis de conserver des réserves. Mais "il faut raisonner sur plusieurs années" explique l’ingénieure : de nouveaux hivers suffisamment pluvieux seront nécessaires pour continuer à la recharger. Dans le Berry, la situation est plus préoccupante : certaines nappes ont réagi rapidement à la sécheresse et se retrouvent sous les normales saisonnières. L’enjeu est donc majeur, car les eaux souterraines fournissent 90% de l’eau potable et près de 90% de l’eau destinée à l’irrigation. Or 55% des prélèvements régionaux servent à l’agriculture, contre 34% pour la production d’énergie, 7% pour l’eau potable et 4% pour l’industrie.
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Anticiper plutôt que subir
Pour les spécialistes, la réponse passe d’abord par l’anticipation. Le changement climatique ne signifie pas forcément moins de pluie, mais davantage de précipitations concentrées et intenses. L’eau ruisselle alors rapidement au lieu de s’infiltrer. "Il faut essayer de faire en sorte que ce soit le plus longtemps possible" explique Daniel Pierre, directeur-adjoint du Brgm, soit ralentir le parcours de l’eau pour favoriser, lorsque c’est possible, la recharge des nappes. "Il faut penser l’eau dès le début d’un projet d’aménagement du territoire" insiste le responsable du Brgm. Des outils comme le programme "Prévisio", développé notamment sur le Cher, doivent également permettre de mieux anticiper crues et périodes d’assec. Mais l’intelligence artificielle ne sera pas une solution miracle. Et selon Ariane Blum, "si on mise sur la solidarité, l’anticipation et la sobriété, on peut encore le faire". L’eau est donc encore là, mais sa disponibilité devenue beaucoup moins prévisible sur la région.
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