Meeting de Marine Le Pen à Orléans : un week-end sous tension dans le Loiret

Meeting de Marine Le Pen à Orléans : un week-end sous tension dans le Loiret

Modifié : 23 octobre 2026 à 18h10 par Tanguy Papin / crédit photo : RN

Le Rassemblement National organise ce samedi 24 octobre son congrès au Zénith d'Orléans, à la veille du meeting de lancement de campagne de Marine Le Pen à l'Arena CO'Met cette fois. La préfecture du Loiret a interdit les contre-manifestations.

Orléans va certainement vivre un week-end chargé. Le Rassemblement National a choisi la capitale loirétaine pour y tenir, ce samedi 24 octobre, son congrès national, au Zénith. Le lendemain, c'est à CO'Met que se tiendra le meeting de lancement de la campagne présidentielle de Marine Le Pen, réunissant militants et sympathisants du parti.

Un rendez-vous "rassembleur" pour le RN

Pour Tiffanie Rabault, membre du bureau départemental du Rassemblement National dans le Loiret, ce double événement revêt une importance particulière : "Il va y avoir l'élection du président de notre mouvement, Jordan Bardella. Et dimanche, le grand meeting, le top départ de la campagne présidentielle de Marine Le Pen. Il faut faire de ce début de campagne un grand moment de rassemblement populaire autour de notre candidate et autour de notre mouvement".

La mobilisation des collectifs antifascistes

Ce rendez-vous a suscité une riposte des mouvements opposés à l'extrême droite, avec plusieurs contre-manifestations initialement annoncées à Orléans ce week-end. David Sempé, secrétaire départemental du syndicat Sud PTT Loiret et porte-parole de cette mobilisation, détaille l'ampleur de l'initiative : "Il y a plus de 110 collectifs antifascistes qui ont décidé de se réunir. On n'est pas là pour faire le coup de poing, on est là pour occuper la rue, ne pas laisser tranquille le Rassemblement National, qui n'est pas du tout un parti comme les autres. C'est un parti qui prône des idées sexistes, racistes et autoritaires. Il est hors de question qu'on leur laisse la place et qu'on les laisse tranquilles se pavaner à CO'Met".

Ces collectifs se réuniront une première fois ce samedi 24 octobre, rejoignant "l'acte 2" de la mobilisation du week-end précédent. Les organisation antifacistes seront présentes dans le cortège qui partira du parvis de la cathédrale à 10h30. L'après-midi, au Campo Santo, c'est un "village antifaciste" qui sera monté, décrit David Sempé : "Des tables rondes et des animations y sont prévues" ajoute-t-il. Plusieurs personnalités politiques sont attendues lors de ce rassemblement, comme le secrétaire national du Parti Socialiste, Olivier Faure, ou la secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet.

Les manifestations interdites par la préfecture

La préfecture du Loiret a publié un arrêté interdisant complètement les manifestations à Orléans ce dimanche 25 octobre. Si les marches et les rassemblements de la veille restent autorisés, la journée sera placée sous haute surveillance par les forces de l'ordre. La préfecture a annoncé la mobilisation quotidienne "d'une quinzaine d'unités de forces mobiles" pour assurer le maintien de l'ordre en centre-ville et autour de CO'Met. 2 000 CRS et gendarmes mobiles ont été déployés en renfort, en plus des effectifs locaux de la police nationale, municipale et de la gendarmerie. Le dispositif entraînera des perturbations sur la circulation. La mairie d'Orléans a pris la décision d'interrompre plusieurs services dès ce vendredi 23 octobre. Pour le dimanche, la traversée des ponts Joffre et Georges V sur la Loire sera particulièrement restreinte.

Le préfet du Loiret et de la région Centre-Val-de-Loire, Hugues Montouh, a affirmé sa volonté de lutter contre toute violence et tentative de perturber le congrès du Rassemblement National et le meeting de Marine Le Pen : "Dans notre République, chacun a le droit de combattre les idées d'un parti politique. Mais personne n'a le droit de lui interdire [...] de les défendre". Les mouvements antifascistes ont déposé un recours contre l'arrêté d'interdiction. Le tribunal administratif d'Orléans a rejeté ce recours, considérant un risque *"manifeste"* de perturbation de l'ordre public, voire *"d'affrontement avec les forces de l'ordre"*.

Le RN dénonce des tentatives d'intimidation

Du côté du Rassemblement National, cette mobilisation n'a pas surpris. Tiffanie Rabault y voit une tentative d'intimidation à laquelle le parti refuse de céder : "Nous sommes absolument hermétiques à ça. Il ne faut surtout pas céder à cette ambiance de peur. La préfecture semble prendre les choses très au sérieux et prendre les mesures qui s'imposent. La mairie aussi".

Écoutez le reportage de Tanguy Papin

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