Info Perche

165 espèces d’oiseaux observées dans le Perche

23 octobre 2020 à 15h43 Par Nicolas Terrien
Gautier Laurent et Valentin Vautrin parcourent des milliers d'hectares pour recenser les oiseaux
Crédit photo : Nicolas Terrien

Cincle plongeur, bruant proyer, bergeronnette printanière, milan royal : tous ces oiseaux chantent dans les forêts percheronnes, comme en attestent les inventaires ornithologiques menés par le Parc naturel régional. Mais beaucoup sont sérieusement menacés.

C’est une ritournelle qui est souvent revenue, comme les hirondelles au printemps : nous n’avions jamais autant entendu les oiseaux chanter que pendant le confinement ! S’il fallait que l’activité humaine cesse pour se souvenir de leur existence, qu’en est-il de la vitalité des populations d’oiseaux qui peuplent nos contrées ? Pour y répondre, les ornithologues du Parc naturel régional du Perche n’ont pas attendu que le virus nous confine pour s’en inquiéter. "Nous avons déjà effectué plusieurs passages entre mars et la mi-juin" explique l’un d’eux, Valentin Vautrin, et sur un vaste terrain d’observation : l’intégralité de la forêt domaniale de Châteauneuf-en-Thymerais, une partie de celle de Perche-Trappe ainsi que des propriétés privées.

47 000 hectares explorés

Pour effectuer leurs comptages, les naturalistes utilisent la technique des IPA -Indices ponctuels d’abondance-. "Nous avons défini des points d’écoute sur lesquels nous venons faire deux relevés de dix minutes chacun à deux moments différents de l’année", soit 350 passages en tout et plus de 58 heures d’observation et d’écoute. Les résultats de 2020 laissent peu de place au doute : sur 165 espèces identifiées, 61 sont protégées en France, 43 sont menacées ou quasi-menacées et dix sont en voie d’extinction au niveau national, dont la tourterelle des bois, le bruant jaune, le bruant des roseaux, le bouvreuil-pivoine, la mésange boréale, le pipit farlouse...

Valentin Vautrin

De la fragilité des espèces

"Il y a dix ans, nous avions encore une dizaine de couples de pics cendrés sur la zone de protection spéciale des forêts et étangs du Perche. Et nous n'avons identifié que deux mâles chanteurs pour le moment" s'inquiète Valentin Vautrin. Concernant les causes de la raréfaction -pour ne pas dire "disparition"- de cette espèce d’oiseau ressemblant à un pic-vert, mais au plumage un peu plus terne ? La destruction de son habitat, la compétition avec d’autres espèces, les insecticides, la disparition des proies... Ou peut-être des fluctuations naturelles limitant ou déplaçant son aire de répartition ? "En revanche, c’est la dynamique inverse pour la cigogne noire, puisqu'il y en a de plus en plus dans les forêts du Perche". L’horreur du vide ?

Valentin Vautrin