Normandie : chute des appels d'offres pour les travaux publics

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Modifié : 29 octobre 2026 à 22h19 par Clément Chapusot / crédit photo : Sweet FM

En Normandie, la Fédération régionale des travaux publics tire la sonnette d'alarme : le nombre d'appels d'offres a chuté de 30% cette année, fragilisant un secteur qui dépend largement de la commande publique.

En Normandie, la Fédération régionale des travaux publics constate une baisse de 30% des appels d'offres sur cette année 2026. Le secteur, qui dépend de la commande publique, "a subi de plein fouet les élections municipales et les baisses de budget des collectivités locales" selon Matthieu Jacotot, délégué général de la Fédération régionale des travaux publics.

Des budgets soumis aux arbitrages nationaux

Si les cycles électoraux expliquent en partie la situation, Matthieu Jacotot pointe un problème plus profond, lié aux décisions prises à l'Assemblée nationale : "Ce qui n'est pas normal, c'est que les budgets alloués, parce qu'il y a des arbitrages qui se prennent aujourd'hui à l'Assemblée nationale, qu'on veuille les réduire ou les augmenter d'année en année avec des fonds, des dotations qui baissent dans tous les sens. Alors une année vous entretenez, une année vous n'entretenez pas. En face de ça, on a des compétences et des gens qui sont formés pour, qui vont se retrouver à un moment donné sans travail, qui changeront de métier et quand on aura besoin, ils ne seront plus là".

Le risque d'une facture plus salée

Pour le délégué général, réduire les budgets d'entretien des routes ou des réseaux d'eau et d'électricité revient à repousser une dépense inévitable, et à terme bien plus coûteuse : "On va juste reporter le problème et le problème va coûter trois fois plus cher dans quelques années quand on va se saisir du sujet, quand on n'aura plus d'eau potable, quand on aura des nids-de-poule partout sur la route et qu'il faudra reprendre jusqu'à ses fondations, ça coûtera beaucoup plus cher que de l'entretenir régulièrement".

20 000 salariés concernés

En Normandie, la Fédération des travaux publics rassemble 400 entreprises et 20 000 salariés répartis dans toute la région. Matthieu Jacotot souligne que les grands projets, comme à Penly, ne suffiront pas à compenser : "Les chantiers qui font le quotidien de toutes les entreprises étant absents, les très gros chantiers ne sauveront pas toute l'économie. Et les entreprises qui servent aujourd'hui le patrimoine communal, intercommunal, dans les milieux ruraux et les petites communes en priorité, celles-là, elles n'interviendront pas sur ces chantiers-là et elles vont se retrouver en vraie panne, quels que soient les gros projets qui se passent à côté". La baisse des appels d'offres touche l'ensemble des départements normands, sans exception.

Ecouter le reportage de Clément Chapusot :