Orne : la sécheresse persiste et menace la faune aquatique
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Modifié : 14 octobre 2026 à 16h44 par Alizée Lanzarini
Malgré l'automne, les cours d'eau de l'Orne restent anormalement secs. La Fédération de l'Orne pour la pêche et la protection du milieu aquatique alerte sur les conséquences concernant les populations de poissons.
L'été est terminé depuis plusieurs semaines, mais la sécheresse perdure dans l'Orne. Le manque de précipitations dégrade toujours la situation des cours d'eau et des nappes phréatiques du département. Les pêcheurs comptent parmi les premiers témoins de ce phénomène. Jérôme Jamet, responsable technique de la Fédération de l'Orne pour la pêche et la protection du milieu aquatique, n'avait jamais observé une telle situation : "Le mois d'octobre est encore très, très sec. Malheureusement, on n'a toujours pas d'eau. Il y a des secteurs qui s'en sortent un petit peu mieux dans le département, mais le secteur qui est en souffrance, c'est toute la zone qui est autour d'Alençon, avec la Sarthe et la Briante, il y a aussi d'autres affluents de la Sarthe où on n'a toujours pas d'eau". L'ouest du département est aussi touché, avec l'Iton et l'Avre.
Des espèces en danger
Cette absence d'eau fragilise directement la faune : "La première conséquence, c'est la disparition des populations de poissons les plus sensibles, notamment les truites fario. Parce qu'on est sur des poissons qui n'aiment pas du tout les températures élevées, au-dessus de 22 ou 23 degrés dans les cours d'eau, la truite disparaît". Ces populations diminuent progressivement et se remettent de plus en plus difficilement des épisodes de sécheresse. Un autre exemple illustre l'ampleur du problème : la mulette perlière. "On travaille depuis des années sur le Sarthon, sur cette espèce. C'est une moule d'eau douce, un bivalve qui vit dans les cours d'eau. Cet été, il a fallu faire du déplacement de population parce que cette mulette se déplace très lentement et quand les cours d'eau sont secs, la population disparaît".
Restrictions jugées trop tardives
Des mesures de restriction d'usage de l'eau sont toujours en vigueur dans l'Orne. Mais pour Jérôme Jamet, ce n'est pas suffisant : "Il faut qu'elles soient durcies. Et le gros problème, c'est que malgré nos appels, les services de l'État ne nous ont pas écoutés en début de saison. Nous, dès le mois de février, on a bien dit qu'on allait prendre une grosse sécheresse, qu'on était en déficit d'eau, et on attend malheureusement que les cours d'eau soient à sec. C'était le cas du Sarthon cette année ou de la Briante. On attend qu'il n'y ait plus d'eau, c'est trop tard. Les restrictions, elles arrivent beaucoup trop tard et les gens n'ont pas conscience qu'il n'y a plus d'eau dans les cours d'eau". Plusieurs mois de pluie sont nécessaires pour que les cours d'eau et les nappes phréatiques retrouvent un niveau normal.
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