Pillages et violences : le Centre-Val-de-Loire sous le choc

Une cinquantaine de personnes devant la mairie de Saint-Gervais-la-Forêt ce lundi à midi.

Modifié : 19 octobre 2026 à 19h14 par Nicolas Terrien

Après un week-end marqué par des violences, des dégradations et des pillages en marge des manifestations, le Centre-Val-de-Loire tente de retrouver son calme. À Blois, comme ailleurs dans la région, l’heure est à la réparation et à la solidarité. Ce lundi 19 octobre, des habitants se sont rassemblés pour condamner les débordements, tout en distinguant les casseurs des manifestants.

Le choc est encore palpable après un week-end d’émeutes qui a secoué la France. De Limoges à Paris, en passant par Lyon, les images de violences et de dégradations ont marqué les esprits. Le Centre-Val-de-Loire n’a pas été épargné. À Tours, Orléans et Blois, les scènes de violences et de dégradations ont largement circulé sur les réseaux sociaux. A Blois, la nuit de ces dimanche 18 à lundi 19 octobre a encore été émaillée d’incidents. Rue Lenôtre, dans les quartiers nord, une voiture a été incendiée. Les pompiers ont dû intervenir de nouveau dans l’après-midi pour éteindre une reprise de feu sur l’épave. Deux abribus ont également été dégradés. Une trentaine de membres des forces de l’ordre ont été mobilisés jusqu’à 4h du matin. Un dispositif de veille doit permettre une nouvelle intervention si nécessaire la nuit prochaine. La municipalité, dont les services sont mobilisés pour réparer les dégâts, appelle parallèlement l’État "à apporter des réponses politiques aux revendications initiales, afin de contribuer à la désescalade".

Ecoutez le reportage de Nicolas Terrien :

"Je suis contre le pillage, le saccage, la destruction"

À midi, ce lundi 19 octobre, une cinquantaine de personnes se sont retrouvées en périphérie de Blois, devant la mairie de Saint-Gervais-la-Forêt. Un rassemblement organisé dans le sillage de l’appel de l’Association des maires de France, après l’incendie de la mairie de Limoges : "Je trouve que c’est très important qu’on soit tous réunis dans ces moments-là" souligne Isabelle Jallais-Guillet, maire de la commune. Parmi les participants, Stéphane, qui travaille dans la zone commerciale, explique se sentir directement concerné : "Peu importe nos convictions politiques, je suis contre le pillage, le saccage, la destruction". Richard, lui, est venu manifester pour la première fois, tant les événements lui paraissent inconcevables. Il tient toutefois à mettre en garde contre les amalgames : "Je crois qu’il ne faut surtout pas mélanger les revendications des étudiants, des gilets jaunes... et les casseurs". Une distinction essentielle pour ces habitants, qui refusent de voir les revendications sociales confondues avec les actes de violence.

Des rassemblements ont eu lieu devant de nombreuses mairies en Centre Val de Loire.

Les élus appellent au calme et à la désescalade

En Loir-et-Cher, les rassemblements se sont multipliés ce lundi, notamment à Montrichard, Saint-Georges-sur-Cher, Salbris, Montoire-sur-le-Loir, Romorantin-Lanthenay, La Chaussée-Saint-Victor, Vendôme et Selles-sur-Cher. D’autres rendez-vous étaient annoncés dans la soirée, notamment à Mondoubleau. Dans le Berry, des habitants se sont également réunis à Bourges, Vierzon et Châteauroux, mais aussi à Vatan et Levroux. À Issoudun, un rassemblement était prévu dans la cour d’honneur de l’hôtel de ville. Partout, le même objectif : défendre les institutions, les libertés et les valeurs de la République, sans nier les revendications à l’origine du mouvement social. À Saint-Gervais-la-Forêt, la maire rappelle que le rassemblement organisé deux jours plus tôt dans sa commune, au niveau du rond-point de la Patte d’Oie, s’est déroulé sans incident !