Près de 40 ans après, Suèvres n’a jamais oublié Inass, la petite martyre de l’A10
/t:r(unknown)/fit-in/1100x2000/filters:format(webp)/medias/l0xJtCR5nG/image/20261017_114100_0__1_1793029832781.jpg)
Modifié : 26 octobre 2026 à 19h33 par Nicolas Terrien
Retrouvée morte au bord de l’A10 en août 1987, la fillette est restée pendant plus de trois décennies sans identité. A quelques jours du procès des parents devant les assises du Loir-et-Cher, à Blois, le souvenir d'Inass Touloub demeure profondément ancré à Suèvres. Dans le village, les fleurs déposées sur sa tombe racontent une histoire qui n’a jamais cessé de bouleverser les habitants.
"Elle fait toujours partie de la famille" : au cimetière de Suèvres, dans le carré des enfants et des anciens combattants, une tombe se distingue par les fleurs et les petits cailloux laissés par les visiteurs. C’est celle d’Inass Touloub, retrouvée morte au bord de l’A10 en août 1987. Pendant 31 ans, la fillette est restée une inconnue. En 2018, l’ADN a finalement permis de lui rendre son identité. Depuis, les marques d’attention se poursuivent sur la petite tombe : "Vous la reconnaissez facilement, puisqu’il y a beaucoup de fleurs" observe Frédéric Dejente, le maire de Suèvres. "Il y a beaucoup d’inconnus qui passent et qui laissent une petite pensée". Des gestes discrets, parfois anonymes, qui témoignent de l’attachement suscité par l’enfant. Pour Marie-France, ce lien est devenu presque familial : "Pour moi, c’est notre petite fille d’adoption et je ne l’oublierai jamais". Déjà habitante du village en 1987, elle parle d’un "véritable choc" et d’une émotion qui n’a pas disparu avec les années. Frédéric Dejente le rappelle lui aussi : "Pendant pratiquement 31 ans, on s’est occupé d’elle comme si elle faisait partie de la famille, et elle en fait toujours partie".
Une énigme devenue une affaire nationale
En août 1987, la découverte du corps de la fillette de 4 ans bouleverse la commune. À l’époque adjoint au maire, Raphaël Pilleboue pense d’abord que l’enquête aboutira rapidement. Mais les jours deviennent des mois, puis des années. L’affaire dépasse progressivement les frontières du village. "On pensait très sincèrement que cette affaire allait se résoudre en très peu de temps" se souvient-il. "C’est surtout avec le temps qui passait qu’on s’est aperçu que c’était une affaire qui allait devenir nationale". L’identité de l’enfant ne sera finalement établie qu’en 2018 grâce à l’ADN. Pour Philippe Lamoureux, ancien maire de Suèvres (2014-2020), cette avancée a représenté un soulagement, même si elle n’a pas mis un terme aux interrogations : "On était content d’avoir trouvé quand même un prénom à cette petite. On se disait qu’on allait peut-être obtenir des réponses à de nombreuses questions". Identifier l’enfant, c’était lui rendre une partie de son histoire. Mais ça n’a pas effacé le poids des années ni l’attente d’une suite judiciaire. Pour les anciens élus comme pour les habitants, l’affaire reste celle d’un drame dont les circonstances continuent de susciter des questions.
/t:r(unknown)/fit-in/1100x2000/filters:format(webp)/medias/l0xJtCR5nG/image/20261017_113945_1_1793030172543.jpg)
"Enfin, on arrive au bout"
Le procès des parents d’Inass doit s’ouvrir ce lundi 2 novembre devant la cour d’assises de Loir-et-Cher, à Blois, et se poursuivre jusqu’au 18 novembre. Une échéance attendue après plusieurs décennies marquées par l’incertitude et les reports. Raphaël Pilleboue accueille cette perspective avec des sentiments mêlés : "Serein, oui et non. Mais je n’ai qu’un seul mot, c’est enfin. Ça va faire quarante ans, et enfin, on arrive au bout, et peut-être qu’on va avoir le dénouement". Ce mot "enfin" résume l’attente de ceux qui ont vu l’affaire traverser plusieurs générations. Le procès devra permettre aux faits d’être examinés et à la justice de se prononcer sur les responsabilités. Les parents comparaissent libres et ils encourent la réclusion à perpétuité. À Suèvres, pendant ce temps, la tombe continue de recevoir des fleurs. Et le souvenir d’Inass, bien au-delà du surnom de "petite martyre de l’A10", demeure celui d’une enfant que le village n’a jamais cessé de considérer comme l’une des siennes.
/t:r(unknown)/fit-in/300x2000/filters:format(webp)/filters:quality(100)/radios/sweetfm/images/logo_GYAPPbBOZO.png)
/t:r(unknown)/fit-in/400x300/filters:format(webp)/medias/l0xJtCR5nG/image/visuel_site_web__35_1792574014622-format4by3.png)
/t:r(unknown)/fit-in/400x300/filters:format(webp)/medias/l0xJtCR5nG/image/visuel_site_web__33_1792568900592-format4by3.png)
/t:r(unknown)/fit-in/400x300/filters:format(webp)/medias/l0xJtCR5nG/image/visuel_site_web__24_1791447860628-format4by3.png)