Romorantin : des pompes funèbres vandalisées le jour de la Toussaint

Les trois individus ont fracturé la porte d'une chambre funéraire. Photo : Jessie Bournouveau

Modifié : 11h24 par Nicolas Terrien

Ironie du calendrier ? Dimanche 1er novembre, jour de la Toussaint, trois hommes cagoulés se sont introduits par effraction dans les locaux des Pompes funèbres de Sologne, sur la zone des Pâtureaux, à Romorantin-Lanthenay. Outre le vol d’argent et de matériel, les individus ont vandalisé une chambre funéraire. Un acte qui laisse Jessie Bournouveau, la gérante, profondément choquée.

Les faits se sont déroulés aux alentours de 18 h 30 ce dimanche 1er novembre. Trois hommes ont forcé la porte de l'un des salons funéraires pour pénétrer dans les locaux. Une demi-heure plus tard, Jessie Bournouveau circule devant son établissement. "Je suis passée vers 19 heures, j'ai vu la lumière allumée. J'avais tout éteint, ce n'était pas normal", raconte-t-elle. À l'intérieur, le spectacle est particulièrement désolant. "Ils ont cassé plein de choses dans la chambre funéraire, où un corps aurait pu se trouver", s'insurge la gérante. La présence d'une caméra de surveillance n'a visiblement pas dissuadé les trois individus, cagoulés, de commettre leur méfait. Leur intrusion, visible sur les images, aurait duré environ cinq minutes. Dans leur fuite, ils ont emporté la caisse contenant de l'argent, du matériel informatique ainsi qu'un téléphone professionnel flambant neuf, destiné aux astreintes. "Je n'ai même pas eu le temps de le configurer !", déplore Jessie Bournouveau.

"On ne fait pas ça à une entreprise de pompes funèbres !"

Au-delà du préjudice matériel, c'est surtout la nature des lieux qui révolte la responsable. "Franchement, on ne fait pas ça à une entreprise de pompes funèbres ! Encore moins dans un lieu où l'on peut potentiellement se retrouver nez à nez avec un défunt", écrit-elle dans un message publié sur Facebook ce lundi matin. Elle imagine avec effroi les conséquences qu'une telle intrusion aurait pu avoir en présence d'une famille venue se recueillir. La gendarmerie s'est déplacée dimanche soir pour effectuer les premières constatations. "On voit bien les yeux des trois hommes malgré le camouflage", souligne-t-elle, en indiquant avoir montré aux militaires les traces de chaussures et les marques de coups sur la porte fracturée. Une plainte doit être déposée ce lundi après-midi. La gérante entend également mener ses propres recherches auprès des entreprises voisines, afin de savoir si d'autres caméras auraient pu filmer les suspects. Elle espère ainsi recueillir des éléments susceptibles de faire avancer l'enquête.

Les faits se sont déroulés dans la soirée de ce 1er novembre, jour de la fête des morts.

Une sécurité désormais difficile à retrouver

Installée depuis trois ans dans ces locaux, Jessie Bournouveau reconnaît avoir été profondément affectée par cette effraction. Dans son message, elle évoque une nuit blanche, une arrivée au travail "avec une boule au ventre" et une inquiétude qui ne la quitte plus. "Le moindre bruit me fait sursauter, le moindre mouvement m'interpelle", confie-t-elle. Le vol dépasse également le cadre professionnel : un disque dur contenant notamment des photos de sa fille et une pochette offerte par son filleul, remplie de souvenirs personnels, ont aussi disparu. "Rien qui ait de valeur financière, mais une valeur sentimentale énorme", insiste-t-elle. Si les nombreux messages de soutien reçus depuis ce dimanche lui apportent un peu de réconfort, la colère reste vive. "Je ne vais pas laisser tomber. Je vais faire tout ce qui est possible pour retrouver ces personnes et faire avancer les choses", assure-t-elle. Un cambriolage qui laissera, au-delà des dégâts et des pertes, une profonde impression d'insécurité chez cette cheffe d’entreprise…