La "gueule de bois" du centre-ville rouennais et la crainte de "l'acte II"

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Modifié : 19 octobre 2026 à 19h08 par Clément Chapusot / crédit photo : Sweet FM

Deux jours après les manifestations du samedi 17 octobre, les stigmates sont encore visibles dans le centre-ville de Rouen qui panse ses plaies.

Des barricades de bois ont été installées devant certaines vitrines brisées et les passants peinent à comprendre ce qui s'est passé. L'un d'eux s'interroge : "Est-ce que le magasin Courir, est-ce que le magasin Sephora, est-ce que le magasin Fnac, ils ont eu besoin de ça ? C'est pas ça qui va leur donner raison. On a le droit de manifester en France, mais on n'a pas le droit de casser !". Un autre exprime son étonnement : "À Paris on s'y attendait, mais ici à Rouen, c'est assez inédit quand même. Et je sais pas, je suis resté consterné. Je me suis dit : mais comment ça se fait qu'à Rouen, on puisse arriver dans une telle violence, qu'on puisse avoir des gens qui se rassemblent, mais véritablement pour détruire, pour détruire notre ville ?".

"Une scène de guerre"

Un commerçant du centre-ville de Rouen témoigne de la violence des scènes observées : "C'est une scène de guerre. Pourtant, j'ai fait mai 68, j'ai connu plein de manifestations. Celle-ci, je crois qu'elle bat les records. C'est l'État qui doit faire quelque chose, la préfecture et la mairie. Interdire ou alors... Là, je sais plus quoi faire, vraiment". Il dénonce aussi la présence de très jeunes participants parmi les casseurs : "La manifestation, tout le monde a le droit de manifester, mais ils sont toujours entourés par des casseurs et qui s'amusent, en fin de compte. Parce que moi, j'ai vu des gosses de 12 ans, 14 ans, j'en ai vu arriver avec des baramines, avec des cannes, c'est pas normal".

Ecoutez le reportage de Clément Chapusot :
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Un deuxième acte annoncé

Ce commerçant redoute désormais une réaction incontrôlée de la part des professionnels excédés : "Moi, ce dont j'ai peur, franchement, c'est qu'un commerçant pète les plombs et qu'il arrive à un coup dur. Moi, c'est ça qui m'effraie. Voilà, que le gars se dise : moi, je vais faire justice moi-même, à un moment donné, il y a un ras-le-bol qui se crée et là, on peut faire n'importe quoi". Un appel à un deuxième acte de mobilisation a été lancé pour ce samedi. L'association de commerçants "Les Vitrines de Rouen" demande aux autorités d'interdire les manifestations dans le centre-ville rouennais.

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Parmi les individus impliqués dans les dégradations de ce samedi 17 octobre, 42 ont été interpellés dont 30 qui ont été placés en garde à vue -25 à Rouen et cinq au Havre-, "dans l’attente des suites judiciaires" précise la préfecture de Seine-Maritime.

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