Trains : la ligne Paris - Granville défendue par les élus normands

Paris-Granville

Modifié : 15h11 par Julien Dubois

Le Conseil régional de Normandie alerte sur l'état de la ligne ferroviaire Paris - Granville : dans un courrier co-signé par une cinquantaine d'élus normands et adressé au premier ministre Sébastien Lecornu, Hervé Morin demande une intervention de l'état pour rénover cet axe et évoque même un "risque de fermeture".

Hervé Morin, s'inquiète des coûts de rénovation de la ligne Paris - Granville, qui dessert l'Eure, l'Orne, le Calvados et la Manche. Dans un courrier co-signé par une cinquantaine d'élus -députés, présidents de Conseils départementaux, maires, etc- et adressé au premier ministre Sébastien Lecornu, le président du Conseil régional de Normandie plaide pour une réflexion de l’État sur l'avenir de cet axe ferroviaire, "le seul reliant Paris et la province à être classé en Ligne de desserte fine du territoire (Lfdt) tout en n'étant pas doublé par une ligne à grande vitesse".

Une infrastructure vieillissante

La collectivité régionale assure ne plus avoir les moyens suffisants pour assurer la "régénération de cette ligne" dont les infrastructures sont vieillissantes, avec "des rails comme les équipements de voie qui ont en moyenne dépassé les 50 ans d'âge". Actuellement, un accord laisse à sa charge la moitié des coûts de remise à niveau des petites lignes, mais face à une facture qui devrait approcher un milliard d'euros d'ici à 2040 -contre une estimation fixée à 300 millions en 2020-, la situation n'est désormais plus acceptable, se désole la Région.

Recettes en baisse en raison de travaux

"Le risque de fermeture de la ligne est imminent, et conduit d'ailleurs SNCF réseau à prévoir un ensemble de réparations à très court terme" ajoute le courrier, alors que des travaux sont d'ores et déjà programmés d'ici 2028, pour un montant de 55 millions d'euros, dont 30 millions pris en charge par la Région. Celle-ci rappelle également qu'elle "assume seule la charge de toutes les liaisons ferroviaires avec Paris à travers la convention qui la lie à la SNCF", et qu'elle fait face à un manque à gagner, en lien avec les travaux et les retards du chantier EOLE, qui vise à prolonger le RER E à l'ouest de Paris et qui occasionne des fermetures et allongements des temps de parcours. "Nous subissons de plein fouet depuis de longues années, sans aucune compensation ce jour, les impacts lors des week-end où la fréquentation et les recettes sont les plus élevées".

L'ouverture à la concurrence ?

"La région travaille en ce moment sur l'ouverture à la concurrence du Paris - Granville, qui constitue un lot complet, et envisage très sérieusement une croissance sensible de l'offre à moyen terme". Une option qui "constituerait un apport indirect de la région à la régénération de la ligne" et aurait "un impact positif sur les redevances à SNCF réseau". Mais "aucun opérateur ne confirmera toutefois son intérêt sans un engagement clair et rapide [ndlr : de l’État] sur l'avenir de l'infrastructure" préviennent les signataire de cette lettre, dont une copie a également été adressée au ministre des Transports, Philippe Tabarot, et au préfet de la région Normandie, Jean-Benoît Albertini.