À Alençon, un collectif relance la mobilisation pour une loi contre les violences sexistes et sexuelles
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Modifié : 11h40 par Joris Marin / Crédit photo: Sweet FM
Le collectif enfantiste et féministe 61 appelle à un rassemblement ce lundi soir devant le tribunal d'Alençon. Objectif affiché : soutenir l'adoption rapide d'une proposition de loi dite intégrale contre les violences faites aux enfants et aux femmes, et obtenir les moyens nécessaires à son application.
Après la coupure estivale, le collectif enfantiste et féministe 61 reprend la rue. Ses militants se mobilisent à nouveau pour l'adoption rapide de la proposition de loi dite "intégrale" contre les violences sexistes et sexuelles faites aux enfants et aux femmes, dans le sillage de l'affaire Lyhanna, cette collégienne de onze ans retrouvée morte et violée dans le Gers il y a quelques mois. Dans ce cadre, un rassemblement est annoncé ce lundi soir à 18 h devant le tribunal d'Alençon, dans le cadre d'une action nationale. Les militantes du collectif enfantiste et féministe 61 entendent y porter leurs revendications pour l'adoption et l'application effective de la proposition de loi dite intégrale. Pour Christine Coulon, militante engagée dans le collectif, l'enjeu central est la fin du sentiment d'impunité pour les auteurs. Selon elle, "la loi devrait permettre que les agresseurs n'aient pas une impunité". Elle considère que "ce n'est pas la hauteur des peines, ce n'est pas en augmentant les peines de prison que vous empêchez l'agresseur de passer à l'acte", mais que le fait "de savoir qu'il n'y a pas d'impunité" peut avoir un effet dissuasif.
Reconnaissance des victimes et moyens pour la justice
La militante insiste aussi sur les conséquences pour les victimes. Elle rappelle qu'une personne victime de violences n'est pas nécessairement "victime à vie", mais que le fait d'avoir nié la violence subie et de ne pas avoir travaillé sur le traumatisme complique la reconstruction. La reconnaissance sociale de l'agression est, pour elle, "aussi le début d'une reconstruction personnelle". Si le collectif se dit favorable à l'adoption rapide de la proposition de loi, Christine Coulon insiste sur la nécessité de lui donner des moyens concrets de mise en œuvre. Elle prend l'exemple de la justice et des procureurs : "En France, la moyenne pour 100 000 habitants, c'est 3 procureurs. En Europe, la moyenne c'est 12. Si effectivement la justice n'a pas de moyens, comment vous demandez aux procureurs de suivre tous ces dossiers ?" Le texte soutenu par le collectif vise à renforcer la réponse pénale, mieux détecter et protéger les enfants victimes, renforcer la prévention dans le monde du travail, mieux former les professionnels de santé et lutter contre les violences dans l'enseignement supérieur.
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