Près de Caen, un garçonnet autiste enfin scolarisé à temps plein après deux ans de galère

Sabrina, la maman de Stanislas

Modifié : 7 septembre 2026 à 12h46 par Joris Marin

Stanislas, 8 ans, en situation de handicap, vient d'intégrer une unité d'enseignement élémentaire autisme à l'école René-Lemière, à Caen. Sa mère, Sabrina Vayer, installée à Bretteville-l'Orgueilleuse, raconte deux années épuisantes avec à peine trois heures de classe par jour, tandis que la rectrice de l'Académie de Normandie assure que les services restent mobilisés pour l'inclusion.

Pour Sabrina Vayer, habitante de Bretteville-l'Orgueilleuse, la rentrée a marqué un tournant. Son fils Stanislas, 8 ans, en situation de handicap, vient d'être scolarisé en unité d'enseignement élémentaire autisme à l'école René-Lemière, à Caen. Une solution adaptée qu'elle attendait depuis longtemps, après des années scolaires marquées par un temps de classe extrêmement réduit, au mieux trois heures par jour, faute de place en structure spécialisée. Pendant cette période, le quotidien de la famille s'est trouvé profondément bouleversé. Sabrina Vayer décrit un enfant quasiment en permanence à la maison, avec une organisation centrée sur ces quelques heures de scolarisation matinale. Elle évoque une fatigue grandissante, non pas liée à son fils, mais à tout ce qui gravite autour : "Pas Stanislas. Stanislas ce n'est vraiment pas fatigant, je tiens à bien le dire, mais ce sont toutes les démarches administratives" insiste-t-elle, en référence notamment aux dossiers à constituer.

Démarches administratives et isolement

La mère de famille raconte la complexité des procédures, comme la constitution d'un dossier auprès de la Mdph -pour "Maison départementale des personnes handicapées"-, qu'elle décrit comme très chronophage. "Comment voulez-vous que j'aille faire un dossier Mdph qui prend quand même plusieurs jours à construire parce que c'est énorme ce qu'on nous demande. Avec Stanislas à la main. C'est compliqué, vraiment" résume-t-elle. Avec seulement trois heures de classe le matin, chaque déplacement devait être minuté et priorisé. Elle souligne aussi l'absence de relais pour son fils en dehors de l'école : "Il n'y a pas de garderie pour lui, il n'y a pas de centre aéré. Il n'y a rien pour ces enfants-là" déplore-t-elle. Entre rendez-vous médicaux, courses et démarches administratives, elle dit ne pas réussir à tout concilier : "Pour faire les démarches, je n'avais que trois heures le matin. Il ne fallait pas que j'aie un rendez-vous chez le médecin, il ne fallait que je fasse de courses". Elle parle d'une période "très compliquée, épuisante même".

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Un enfant en "petite déprime"

Au-delà de sa propre fatigue, Sabrina Vayer décrit les conséquences de cette situation sur son fils. Elle évoque un enfant qui, sans qu'elle n'emploie le terme de dépression, semblait en baisse de moral : "On a un enfant, je ne vais pas dire qu'il est parti en dépression, mais en petite déprime quand même, qui passait l'après-midi à rester à la maison, à ne rien faire". Interrogée sur la scolarisation des enfants en situation de handicap, la nouvelle rectrice de l'académie de Normandie, Natacha Chicot, assure que les services sont mobilisés pour trouver des solutions, tout en reconnaissant des difficultés : "C'est une obligation d'inclusion, mais nous rencontrons évidemment des difficultés". Selon elle, les notifications délivrées par les Mdph arrivent "au fil de l'eau", ce qui peut nécessiter un délai d'adaptation : "Parfois, il nous faut un petit peu de temps pour réagir". La rectrice met en avant la mobilisation des services départementaux et du rectorat : elle indique qu'au cours des quatre dernières années, le nombre d'accompagnants d'élèves en situation de handicap -"Aesh"- a augmenté "de l'ordre de 15 %".

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