À Blois, la librairie Labbe veut écrire une nouvelle page en centre-ville
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Modifié : 19 septembre 2026 à 17h31 par Nicolas Terrien
Un mois après sa reprise, l’ancienne librairie Labbé a changé d’enseigne, mais pas d’adresse. Devenue Labbe -sans accent, donc-, la maison indépendante entend poursuivre son histoire tout en développant animations et partenariats. Avec une ambition : faire du magasin un véritable lieu de vie au cœur de Blois.
Depuis la mi-août, les habitués ont découvert une petite différence sur l’enseigne : l’accent a disparu. Labbé est devenu... Labbe. Une proximité de noms qui n’a pourtant rien à voir avec une quelconque parenté. "Ce n’est pas courant d’avoir un repreneur qui a quasiment le même nom !" sourit Bruno Labbe. Le nouveau gérant connaissait la librairie depuis son arrivée à Blois, en 2020. "C’est une grosse librairie du centre-ville, on ne peut pas passer à côté, ça reste un monument de Blois" explique-t-il. Un mois après sa reprise en main, c’est l’heure d’un premier bilan : "On a rouvert au bon moment" estime Bruno Labbe, en référence à la rentrée scolaire et à la rentrée littéraire. L’équipe compte aujourd’hui neuf salariés. Les rayons ont été réorganisés, certains développés, d’autres réduits. La littérature a notamment été regroupée à l’entrée et l’espace jeunesse agrandi. Mais pour les clients, la première satisfaction est ailleurs : la librairie est toujours là. "Ça m’a rassuré !" confie Jean-Yves : "Ça remet un peu de baume au cœur, on espère, pour ce centre-ville. On sait que c’est très compliqué". Hélène, habituée de longue date, rappelle de son côté que Labbé "représente une institution à Blois". Et elle espère que "l’esprit restera aussi", tout en souhaitant que la nouvelle équipe fasse davantage vivre le lieu.
Des livres, mais aussi des rencontres
Car c’est précisément l’un des objectifs affichés par le repreneu : "Il ne faut pas rester juste dans la simple vente de livres" affirme Bruno Labbe. Selon lui, les clients attendent d’une librairie indépendante "une expérience", qu’elle passe par le conseil des libraires ou par des événements. Un étage a donc été libéré pour accueillir lectures, rencontres d’auteurs, dédicaces ou encore un club de lecture. La première grande initiative est programmée le 3 octobre avec une journée festive gratuite : "Il y aura plein d’animations culturelles, pour tous les goûts et pour tous les âges" détaille Loren Troubat, médiatrice culturelle en valorisation du livre. Sculpture sur ballon, maquillage, portrait réalisé par une artiste japonaise, jeux de société, jeux en bois, atelier créatif ou concert autour des musiques de films sont notamment annoncés. La médiatrice veut également installer un "nuage de livres remarquables" : les visiteurs pourront inscrire sur des pages suspendues le titre du livre qui a changé leur vie. "L’idée, c’est vraiment que ce soit un lieu ouvert, coopératif, qui suscite l’échange" résume-t-elle. "Que les gens se sentent à la librairie comme chez eux, qu’ils aient envie de passer du temps".
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Des partenariats pour faire vivre le centre-ville
Cette volonté d’animation dépasse les murs de la librairie. Bruno Labbe entend multiplier les collaborations avec les autres commerces et acteurs locaux. Pour la journée du 3 octobre, par exemple, un partenariat est prévu avec "Draco Geek Shop" pour proposer des jeux de société : "Il ne faut pas que chaque commerçant soit isolé dans le centre-ville, il faut réussir à créer un groupe de commerçants qui puissent se soutenir entre eux". Philippe, historien et Blésois depuis cinq ans, considère pour sa part que ces animations peuvent devenir importantes : "Je pense que c’est obligatoire aujourd’hui" juge-t-il à propos de la nécessité de faire vivre les lieux. La librairie doit aussi composer avec la concurrence des zones commerciales et de la vente en ligne. Bruno Labbe souhaite d’ailleurs créer à terme son propre site marchand. Un mois après la reprise, Labbe cherche donc encore son nouvel équilibre. Le magasin conserve une grande partie de ce qui faisait son identité tout en expérimentant de nouvelles formes. "Je n’aime pas le terme sauver" précise Bruno Labbe lorsqu’on évoque la librairie reprise après les inquiétudes liées à sa fermeture : "Le but, c’est effectivement de pouvoir la continuer, de continuer à la faire vivre, de continuer à la développer".
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