À Blois, un bassin géant pour éviter que trop d’eaux usées ne finissent dans la Loire

Ce chantier à 20 millions d'euros est en cours le long de l'avenue de la Garenne à Blois.

Modifié : 19h19 par Nicolas Terrien

Un chantier hors normes est en cours rue de la Garenne à Blois. D’ici début 2028, un bassin de stockage restitution de 9 000 mètres carrés doit permettre de limiter les déversements d’eaux usées non traitées dans la Loire lors des épisodes de fortes pluies. Un équipement indispensable pour mettre le réseau d’assainissement en conformité, mais aussi un chantier sensible puisqu’il s’installe au cœur d’un quartier résidentiel.

Sur la rive droite de Blois, le réseau d’assainissement est principalement unitaire : eaux usées et eaux pluviales circulent dans les mêmes canalisations. Lors des épisodes pluvieux importants, le réseau sature et une partie du mélange peut être rejetée directement dans la Loire. Selon les données fournies par Agglopolys, environ un million de mètres cubes sont ainsi déversés chaque année, soit 17 % du volume collecté. La collectivité a été mise en demeure par l’État de rendre son système d’assainissement conforme : "Cet ouvrage est conçu et réalisé pour réduire les eaux usées déversées dans la Loire sans traitement" explique Laure-Anne Chapelle, directrice du cycle de l’eau à Agglopolys. Le bassin doit intercepter les effluents en amont des déversoirs d’orage, avant qu’ils n’atteignent le fleuve. Son emplacement rue de la Garenne est donc stratégique : il se situe à proximité immédiate du collecteur principal qui recueille les eaux du nord et de l’ouest de Blois, ainsi que de plusieurs communes voisines.

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Stocker temporairement avant de restituer

Le principe du futur équipement est relativement simple : lorsque les pluies sont importantes, les eaux mélangées sont captées dans le réseau puis dirigées vers le bassin. D’une capacité de 9 000 mètres cubes, soit l’équivalent de près de quatre piscines olympiques, il les conserve temporairement avant de les restituer progressivement au réseau lorsque celui-ci a retrouvé sa capacité. Elles peuvent alors rejoindre la station d’épuration pour y être traitées. Le bassin ne constitue donc pas une réserve d’eau destinée à être réutilisée. "Le terme dit tout : stockage et restitution" résume Christophe Degruelle, président d’Agglopolys : "On stocke et on restitue quand l’épisode pluvieux est parti pour ne pas déverser des eaux sales dans la Loire et pour ne pas surcharger la station d’épuration". Pour Mathieu Marquaille, vice-président d’Agglopolys chargé de l’eau, l’équipement doit aussi jouer un rôle de tampon pour sécuriser le fonctionnement global du système d’assainissement. Le bassin pourra retenir temporairement les volumes importants générés par les orages avant leur transfert vers la station du Blaisois.

Cet équipement doit être opérationnel au début de l'année 2028.
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Chantier sous surveillance au milieu des habitations

Reste la question de l’implantation. Le bassin est construit en milieu urbain, à proximité immédiate des logements. "Une implantation en cœur urbain comme c’est le cas ici dans ce quartier, ce n’est pas neutre" reconnaît Mathieu Marquaille. La collectivité prévoit notamment sa végétalisation et son intégration paysagère. Une fois en fonctionnement, le site doit en revanche être largement autonome et télésurveillé. Les pompes seront installées à environ 11 mètres de profondeur dans un local béton insonorisé. Pour limiter les odeurs, le bassin et les locaux techniques seront maintenus en dépression, avec un traitement de l’air par filtres à charbon actif. L’eau ne doit par ailleurs rester stockée que 24 à 48 heures. Les travaux, commencés en juin 2026, doivent durer environ 18 mois. Après les dernières phases d’équipement et d’aménagement, une période de mise en service est prévue, avec un objectif de fonctionnement au début de 2028.