La future enceinte du château de Caen : "Un espace vivant et accueillant tout public"

30 mars 2023 à 17h16 par Joris Marin / crédit photo : Agence Philippe Prost

Une nouvelle page de l’histoire du château de Caen est en train de s’écrire. Deux ans de chantier seront nécessaires pour faire de l’enceinte non plus un lieu de passage mais un espace vivant et accueillant pour toutes les générations. Un parc urbain, composé de plusieurs pelouses et de prairies sèches, sortira de terre, notamment à la place du parking.

On célébrera en 2025 le millénaire de la ville de Caen. Une année au cours de laquelle l'emblématique château va changer de visage. Deux ans de travaux viennent de commencer en ce mois de mars. Deux ans de travaux nécessaires pour la mise en valeur de ce site patrimonial et sa transformation en un parc paysager. Un parc urbain, composé de plusieurs pelouses et de prairies sèches, sortira de terre. C’est la seconde phase du projet, après le réaménagement des espaces extérieurs en 2019. "C’est la plus grosse opération du mandat" glisse le maire de Caen, Joël Bruneau, pour montrer l’importance du projet : "Pas seulement d’un point de vue du budget, estimé à 21 millions d’euros, mais aussi en ce qui concerne la mise en valeur patrimoniale et culturelle. De plus, il y a un but affirmé au niveau touristique. La création de cet écrin va faire du château une porte d’entrée dans la ville et non plus seulement un lieu de passage. Un espace qui va également offrir un parc supplémentaire à Caen. On va créer un nouveau poumon vert".

Tisser des liens entre les bâtiments


C’est le projet de l’architecte Philippe Prost, lauréat du grand prix de l’architecture 2022 et du paysagiste Thierry Laverne, qui a été retenu à l’issue du concours lancé en 2021 pour le réaménagement de l’espace intérieur du château. "Un projet excitant, la question centrale est la suivante : comment, à partir d’une multiplicité de bâtiments qui s’implantent dans un site selon une logique historique, coup par coup, sans plan d’ensemble, on vient inscrire une sorte de centre de gravité, qui va permettre d’articuler ces différents bâtiments entre eux, établir des relations, tisser des liens entre eux ? Un défi extrêmement difficile par le positionnement, la volumétrie, la géométrie" lance Philippe Prost. Un pari en cours de réalisation insufflant une touche de modernité -tout en conservant son passé historique- au site fondé vers 1060 par Guillaume le Conquérant, alors duc de Normandie et bientôt roi d’Angleterre, une des plus vastes enceintes médiévales d’Europe.

Titre :Philippe Prost :

Revégétalisation et renaturation


Fini l’espace de stationnement pour les véhicules. D’un parking, on va passer à un parc -l'un des plus grands de la ville-, avec beaucoup d’espaces verts. "Ce qui va caractériser ce monument historique, c’est le fait que ce soit également un monument naturel. Et pour ça, il fallait occuper le centre et au centre il ne faut pas que l’on ait un espace minéral mais naturel, histoire que ce centre soit vraiment ce qui marque le plus ce projet" commente le paysagiste Thierry Laverne. Ce site qui s’étend sur 4,8 hectares -dont 0,8 de bâti- était jusqu’à maintenant pour moitié composé de végétal, et pour l’autre moitié de minéral. En 2025, la proportion sera de 75% en faveur du végétal, 25% pour le minéral.  L’enceinte du château  recensera dorénavant 206 arbres, contre 97 auparavant. De quoi contribuer au rafraîchissement de la ville. "Ce sera une sorte d’espace de retrouvailles des quartiers, une zone de récréation pour ceux qui viennent visiter les musées de Normandie et des Beaux-Arts. Un lieu apaisé dans lequel on pourra rester quelques heures et revenir, à la fois pour les habitants et les touristes, sachant qu’on pourra pique-niquer en extérieur ou bien profiter du restaurant Mancel, qui sera toujours là".

Titre :Thierry Laverne :

Un nouveau bâtiment d'accueil


En 2025, l’église Saint-Georges ne sera plus le lieu d’accueil des visiteurs puisqu'elle deviendra un centre d’interprétation du château afin d’expliquer ce lieu et présenter son histoire. Pour cette mission, elle sera remplacée par un nouveau bâtiment en bois. Un pavillon, qui ne cherchera pas à occuper une position centrale. Il tentera de jouer un rôle d’articulation. pour trois axes : il sera niché entre les portes Saint-Pierre, porte des Champs et l’accès à l’université. Aujourd’hui, l’espace intérieur du château est plutôt un lieu de passage, un raccourci entre l’université et la ville. "Demain, les étudiants pourront continuer à emprunter ce chemin mais rien n’empêchera les jeunes ainsi que toutes les générations d’y stationner, dans un espace sans voiture, tranquille, en dehors des fureurs de la ville" se projette Philippe Prost. Autre changement -presque une révolution- : l’allée principale sera également bien plus praticable qu’elle ne l’est aujourd’hui, avec une alternance de dalles de pierre et d’éléments de traitement de sol minéral. Ce chantier donnera des choses à voir. Des moments seront organisés pour expliquer au grand public le déroulement des travaux. Pendant la durée des travaux, les musées restent accessibles tout comme le restaurant Mancel.

Titre :Philippe Prost :