Notre-Dame-des-Landes : les réactions

18 janvier 2018 à 15h41 par Emilien Borderie

Dans l'ouest, les réactions politiques déferlent suite à l'annonce de l'abandon du transfert de l'aéroport de Nantes-Atlantique vers Notre-Dame-des-Landes.

Epilogue d’un demi-siècle de polémiques : Edouard Philippe a annoncé, ce mercredi 17 janvier, l’abandon officiel du projet de construction d’un aéroport international sur la commune de Notre-Dame-des-Landes. Visant initialement à remplacer celui de Nantes, aux capacités de gestion des flux d’usagers et de vols jugées insuffisantes, il a finalement été estimé trop clivant dans l’opinion publique régionale et surtout incompatible avec des impératifs environnementaux qui paraissaient moins évidents dans les années soixante.


Christelle Morançais, Christophe Clergeau


Christelle Morançais, présidente LR du Conseil régional des Pays-de-la-Loire affirme qu’il s’agit là du "premier grand renoncement" d’Emmanuel Macron et parle d’un "coup de poignard pour l’attractivité et le développement économique du grand ouest", abondée en ce sens par son… opposition : "c’est une trahison du président de la République et du vote démocratique", une "décision parisienne, un abandon de l’ouest et de ses métropoles parmi les plus dynamiques du pays, un gouvernement qui renonce à l’avenir et à l’emploi" écrit Christophe Clergeau, chef de file des élus PS à l’assemblée ligérienne, prenant acte désormais d’une "impasse face aux enjeux de connexion de l’ouest à l’espace européen et international".


Guillaume Garot, Olivier Richefou


En Mayenne, le député Guillaume Garot évoque "une volte-face qui était attendue" et dont "personne ne peut se réjouir" : pour le parlementaire socialiste, "ce projet avait certes suscité des oppositions fortes et une occupation illégale du site, mais il avait le soutien d’une majorité de citoyens de Loire-Atlantique consultés par référendum, celui des élus et des forces économiques". Olivier Richefou, président centriste du Conseil départemental de la Mayenne relève comme "seul motif de satisfaction" le fait "qu’enfin un gouvernement ait décidé" en l’appelant justement, "au regard du préjudice économique et moral subi depuis des années", à "proposer au grand ouest des mesures compensatoires pour renforcer son attractivité".


Marc Joulaud, Jean-Carles Grelier


Un peu plus loin encore des vertes prairies de Loire-Atlantique, Marc Joulaud, maire de Sablé-sur-Sarthe et député européen rappelle que le projet "avait été validé par 179 décisions de justice et par la Commission européenne" avant de dénoncer "un aveu de faiblesse face à une minorité qui constitue un échec retentissant pour le président Macron". Sur la même ligne, Jean-Carles Grelier, député LR de la Sarthe estime qu’Emmanuel Macron "trahit ses engagements de campagne en même temps qu’il trahit le référendum ordonné par son prédécesseur" pour conclure en ces termes : "C’est plus qu’une erreur, c’est une faute qui remet gravement en cause l’autorité et la parole de l’Etat".


Sophie Bringuy


A l’opposé, Sophie Bringuy, conseillère régionale des Pays-de-la-Loire, s’est félicitée sur Sweet FM d’une "victoire très symbolique pour l’écologie en France", d’une "décision extrêmement sage prise par un gouvernement qui a exigé une remise à plat complète du projet". L’élue EELV dit éprouver de "la joie et de la reconnaissance par rapport à tous ceux, toutes celles qui se sont mobilisés sur ce dossier", elle considère qu’avec "la bonne méthode, on arrive aux bons résultats" et voit là "l’intérêt, par le biais de Nicolas Hulot, d’avoir des écologistes au gouvernement". Quant à la libération de la zone par ses occupants, "je crois que tout le monde a vraiment envie que ça se passe pour le mieux et qu’il y ait une sortie par le haut" assure Sophie Bringuy.


Marlène Schiappa, Damien Pichereau


Dans les rangs de la majorité, on soutient, sans surprise : "Les gouvernements successifs n’ont pas su prendre leurs responsabilités depuis cinquante ans, je salue aujourd’hui la décision courageuse et pragmatique d’Edouard Philippe et d’Emmanuel Macron. Enfin !" a twitté Damien Pichereau, député LREM de la cinquième circonscription de la Sarthe. Marlène Schiappa, conseillère municipale du Mans devenue secrétaire d’Etat, écrit pour sa part avoir trouvé Edouard Philippe "très ferme et très clair", persuadée que le gouvernement saura dorénavant "trouver des solutions de mobilité pour le grand ouest, une des régions les plus dynamiques de France".