Attaqué sur sa "pratique verticale du pouvoir", Stéphane Le Foll conteste

Le Mans

Modifié : 0h23 par Emilien Borderie

Elus aux côtés de Stéphane Le Foll en 2020, Pascal Mariette et Agnès Besnard ont vertement pris leurs distances avec le maire socialiste du Mans, en ouverture de l'ultime conseil municipal de la mandature ce mercredi 11 février.

"Depuis le premier jour, j'ai été empêchée de travailler !" a attaqué Agnès Besnard, adjointe à la Culture à la ville du Mans, s'adressant au maire Stéphane Le Foll en ouverture du dernier conseil municipal du mandat ce mercredi 11 février, avant d'illustrer son propos : "Vous avez d'emblée confié la culture à votre cabinet, en m'écartant systématiquement des réunions et des décisions relevant de ma délégation, vous m'avez interdit tout contact avec les journalistes, vous avez diffusé des communiqués de presse signés à mon nom alors que je n'étais pas d'accord et que je l'avais exprimé, vous avez fait présenter par d'autres élus ou par vous-même presque toutes les délibérations ayant trait à la culture, vous avez délégué à d'autres élus les prises de parole lors de tous les vernissages, votre directrice de cabinet m'a même empêchée de rentrer sous le dôme lors de Le Mans Sonore en janvier 2024 en faisant appel au service d'ordre"... Membre de la majorité, elle est allée jusqu'à accuser son ex mentor de "quasi harcèlement".

"Faire le buzz avec la presse"

Quelques minutes avant Agnès Besnard, c'est Pascal Mariette, également élu sur la liste portée par Stéphane Le Foll il y a six ans, qui avait pris la parole, affirmant lui-aussi avoir été "mis à l'écart" par le cabinet du maire et dès le début du mandat, des décisions concernant sa délégation. "Ce n'est pas compatible avec ma vision de la démocratie" a lancé l'intéressé, en charge du porte-feuille "Animation et valorisation du patrimoine", qui a alors symboliquement pris ses affaires pour s'éloigner des représentants de la majorité en allant s'installer au fond de la salle pour assister à la suite des débats. Stéphane Le Foll, qui a écouté impassible les deux discours, s'est défendu de "toute pratique verticale du pouvoir", refusant de laisser dire que son cabinet "ait pu prendre, seul, des décisions politiques", estimant que les griefs "ne correspondaient en aucun cas à la réalité", s'étonnant, non sans ironie, qu'il ait été possible pour les frondeurs "de tenir si longtemps dans une telle dictature" et, enfin, regrettant que cette "vindicte" à son encontre, en public, vise à "faire le buzz avec la presse". Ambiance.