Blois : au lycée Sonia-Delaunay, des élèves en première ligne contre le harcèlement

Tous les collèges et lycées ont leurs ambassadeurs pHARe contre le harcèlement scolaire.

Modifié : 23 septembre 2026 à 17h52 par Nicolas Terrien

À Blois, Lola, Lucas et Erwan ont choisi de devenir ambassadeurs du programme "pHARe". Formés pour repérer les situations de harcèlement et donner l’alerte, ces lycéens jouent un rôle de vigie auprès de leurs camarades, aux côtés des équipes éducatives.

Ils n’ont pas le même parcours, ni exactement les mêmes motivations. Mais Lola, Lucas et Erwan ont choisi de s’engager comme ambassadeurs "pHARe" au lycée Sonia-Delaunay, à Blois. Leur rôle ? Rester attentifs à leurs camarades, repérer d’éventuelles situations de harcèlement et faire le lien avec les adultes de l’établissement : "On nous confie la tâche d’aller voir les élèves qu’on sent en difficulté, qu’on sent harcelés par exemple, et de faire les porte-parole entre les gens qui nous encadrent et les élèves" explique Lola. Pour Lucas, cet engagement résonne aussi avec sa propre situation : "Ça peut arriver à des personnes tout comme moi, en situation de handicap" témoigne-t-il. L’ambassadeur doit alors pouvoir aider l'autre "à se confier" et permettre aux adultes d’en savoir davantage sur sa situation. Erwan, lui, évoque avant tout une volonté de ne pas rester indifférent : "C’est dommage de voir les gens se faire harceler alors qu’ils ne le méritent pas du tout".

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Une formation pour savoir repérer et transmettre

Être ambassadeur ne signifie pas intervenir seul. Les élèves bénéficient d’une formation destinée à leur donner des clés pour comprendre le phénomène et savoir comment réagir. Lola a ainsi participé à une journée de formation au lycée Camille-Claudel, le 8 janvier : "On nous explique ce que c’est le harcèlement, on nous donne des pistes pour savoir comment parler avec les personnes, et on nous apprend aussi à détecter des situations de harcèlement" raconte-t-elle. Le principe est justement de ne pas faire des élèves des enquêteurs ou des médiateurs. Leur rôle est celui de lanceurs d’alerte : "Ce ne sont pas des Zorros, ce ne sont pas des élèves qui vont faire les cow-boys dans l’établissement" tempère Armelle Vincendeau, conseillère principale d’éducation à Dessaignes et Sonia-Delaunay, "ce sont ceux qui vont nous alerter en nous disant : voilà, moi j’ai observé quelque chose".

Ecoutez le reportage de Nicolas Terrien :
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Une prise en charge qui repose sur toute l’équipe

Derrière les ambassadeurs, le dispositif "pHARe" repose sur une équipe d’adultes. CPE, infirmière, enseignants, assistants d’éducation, direction ou encore familles peuvent être mobilisés lorsqu’une situation est signalée. Au lycée Sonia-Delaunay, des moyens sont également prévus pour permettre aux élèves de demander de l’aide, notamment grâce à des boîtes aux lettres. Pour Armelle Vincendeau, l’essentiel est de permettre à un élève de parler et de prendre sa souffrance au sérieux : "Jamais nous ne dirons à un élève, ce n’est pas grave, ne t’inquiète pas. Il faut entendre la souffrance des élèves". Le travail consiste ensuite à détricoter les situations, à comprendre ce qui s’est passé et à faire intervenir les différents membres du dispositif : "En fait, ce n’est pas propre à un service. C’est vraiment un travail d’équipe" souligne la CPE.