De Blois à Bourges, une mobilisation lycéenne qui se durcit en Centre-Val-de-Loire

Tessa et Lola, en seconde générale au lycée Robert Badinter de Blois.

Modifié : 1er octobre 2026 à 19h28 par Nicolas Terrien

Blocus, défilés, tensions avec les forces de l’ordre et deux interpellations en Loir-et-Cher : la mobilisation des lycéens a pris de l’ampleur en Centre-Val-de-Loire. De Blois à Romorantin-Lanthenay, en passant par Vendôme, Bourges et Vierzon, plusieurs milliers de jeunes ont participé aux actions. Le rectorat réunit ce vendredi 2 octobre les représentants lycéens pour tenter de renouer le dialogue.

La mobilisation lycéenne s’est poursuivie et amplifiée ce jeudi dans le Loir-et-Cher. Plusieurs établissements ont été bloqués ou fortement mobilisés, notamment le lycée Dessaignes à Blois, Claude de France à Romorantin et Ronsard à Vendôme. À Blois, environ 1 200 lycéens ont défilé dans les rues de la ville, dans une ambiance très dynamique, en scandant notamment leurs revendications. Parmi eux, Tessa, élève de seconde générale au lycée Robert Badinter, explique les raisons de sa mobilisation. "On fait du 8h-18h tous les jours, on n'a qu'une heure pour manger, on a trop de devoirs, on voit plus les profs que nos familles, il n'y a rien qui va, on n'a plus de vie, on ne peut même plus dormir !" Pour la lycéenne, l'objectif est désormais de faire entendre cette colère : "C'est pour ça qu'on se mobilise aujourd'hui, pour qu'on nous entende et pour que ça change".

Tessa, lycéenne à Robert Badinter, au micro de Nicolas Terrien

Des tensions et deux interpellations en Loir-et-Cher

À Vendôme, la situation s'est à nouveau tendue entre quelques jeunes et les policiers. La préfecture a confirmé des tirs de mortiers auxquels les forces de l'ordre ont répondu par des tirs lacrymogènes. À Blois, un jeune a également été interpellé en milieu de matinée, pour un motif qui n'avait pas encore été précisé. À Romorantin, plusieurs centaines de lycéens se sont rassemblés devant Claude de France. Après une matinée décrite comme calme, l'ambiance s'est tendue dans l'après-midi, avec des feux de feuilles et de divers objets et la présence des forces de l'ordre. Une deuxième interpellation a eu lieu. Sofia, lycéenne mobilisée sur place, raconte avoir assisté à la scène : "Il y a eu une altercation lors de laquelle un jeune qui a été plaqué au sol par cinq policiers". Une intervention qu'elle juge particulièrement violente : "Ça ne nous a pas plu, surtout que c'était super violent". Les lycéens de Claude de France n'excluent pas de reconduire le blocage ce vendredi.

Sofia, lycéenne à Romorantin, au micro de Nicolas Terrien :
L'interpellation a été captée par des élèves du lycée Claude de France de Romornatin.

Dans le Cher, plusieurs centaines de lycéens mobilisés

La mobilisation a également été importante dans le Berry. À Bourges, une centaine de jeunes se sont rassemblés devant le lycée Vauvert, environ 200 devant Pierre-Émile-Martin et autant à proximité de Jacques-Cœur. À Vierzon, ils étaient autour de 300 devant le lycée Édouard-Vaillant. Des élèves de Pierre-et-Marie-Curie et de Blaise-Pascal se sont également regroupés à Châteauroux. Dans l'après-midi, la préfecture du Cher faisait état de plusieurs troubles, notamment à l'encontre des policiers chargés d'encadrer les rassemblements. Des engins incendiaires ont été utilisés et du mobilier urbain dégradé. Des tensions ont aussi été signalées ailleurs dans la région, notamment dans le Loiret, où une proviseure d'Ingré a été giflée. À Vierzon, le contexte a également conduit à l'annulation de la venue prévue vendredi des ministres Philippe Tabarot et Mathieu Lefèvre chez Voltix.

Mobilisation lycéenne devant Claude de France à Romorantin-Lanthenay.

Le rectorat réunit les lycéens vendredi

Face à cette mobilisation et aux tensions qui l'accompagnent, le rectorat d'Orléans-Tours a assuré un suivi de la situation. Trois lycées de Tours — Balzac, Paul-Louis-Courier et Grandmont — ont été fermés dès ce jeudi après-midi et jusqu'à vendredi soir. Des équipes mobiles de sécurité et des conseillers principaux d'éducation ont été déployés dans les établissements en fonction de l'évolution de la situation, en lien avec les équipes de direction, les partenaires concernés et les forces de l'ordre. Vendredi matin, le recteur Jean-Philippe Agresti réunira en urgence le Conseil académique de la vie lycéenne. Cette instance doit permettre un échange direct avec les représentants des élèves, afin d'entendre leurs préoccupations et leurs propositions. Le recteur doit s'exprimer à la mi-journée, dans l'espoir affiché de favoriser l'apaisement alors que plusieurs établissements pourraient encore être mobilisés.