Un artiste au tribunal : Gauvain Salles dessine la justice lors des procès d'assises

Gauvain Salles dessine les audiences de cour d'assises en Sarthe.

Modifié : 21h43 par Manon Foucault

Depuis le début de l'année, le dessinateur sarthois Gauvain Salles réalise pour Ouest-France les seules représentations visuelles des audiences de cour d'assises, où photos et vidéos sont interdites.

Dans la salle du palais de justice, place des Jacobins au Mans, ni caméra ni appareil photo ne sont autorisés pendant les audiences de cour d'assises. Depuis le début de l'année, c'est le crayon et le pinceau de Gauvain Salles, dessinateur sarthois de 27 ans, qui en gardent la trace pour Ouest-France : le quotidien l'a repéré alors qu'il évoluait jusque-là dans le monde de la bande dessinée.

Une discipline exigeante

Cet exercice bouleverse ses habitudes de travail : "Ce que ça change, c'est l'approche de la manière de voir les formes, de les retranscrire sur le papier. Là, comme c'est du modèle vivant, il faut essayer de capter à peu près la forme directement. C'est du dessin qui doit être un peu plus rapide, et aussi l'approche de la couleur, à l'aquarelle. Pour le coup, c'est vraiment du challenge pour moi, d'autant plus qu'il faut le faire assez vite pour qu'il puisse sortir le jour même".

Des procès marquants

Gauvain Salles a notamment suivi le procès du féminicide de Coulans-sur-Gée et celui du meurtre survenu à la sortie d'une discothèque à Ruaudin. Face à l'accusé, installé derrière une vitre sur une estrade et entouré de policiers, il adopte une technique particulière : "Je ne dessine pas précisément. Généralement, je fais des silhouettes à ce moment-là. Je les mets d'une certaine couleur, par exemple tout en bleu ou en rouge un peu pâle, pour que la personne, que ce soit l'accusé ou l'avocat par exemple, puisse ressortir un peu plus par rapport au reste".

Le regard et les épaules en priorité

Pour restituer l'expression des personnes présentes à l'audience, le dessinateur se concentre d'abord sur certains détails : "Ce que j'aime dessiner en premier, ça va être tout ce qui concerne le regard, y compris les sourcils. Ça définit un petit peu l'expression générale du visage, tout comme les épaules. C'est très expressif, ça détermine vraiment la posture. Certains éléments de notre corps sont plus importants que d'autres, et je vais me baser là-dessus pour hiérarchiser quels éléments je fais en premier pour dessiner et faire en sorte qu'on reconnaisse la personne, c'est ça le plus important dans le dessin au procès".

 

Le travail de Gauvain Salles est à retrouver sur son compte Instagram : Gauvain_s.

Ecoutez le reportage de Manon Foucault :