Eau potable : à Blois, une pompe de secours pour anticiper les prochaines sécheresses

L'expérimentation est en cours juste en face de l'usine des eaux de Blois.

Modifié : 21h21 par Nicolas Terrien

Face aux épisodes de chaleur et à la baisse du niveau de la Loire, Agglopolys expérimente avec Veolia un système de pompage déporté directement dans le lit du fleuve. L’objectif : disposer d’une solution complémentaire pour sécuriser l’approvisionnement en eau potable lors des prochaines périodes de sécheresse.

L’été 2026 a rappelé la fragilité de la ressource en eau. À Blois, le niveau de la Loire a atteint un seuil historiquement bas, tandis que les réserves des barrages de soutien d’étiage diminuaient. Une situation préoccupante pour l’usine des eaux, qui alimente environ 50 000 habitants de la capitale loir-et-chérienne et des communes voisines. Habituellement, la production repose sur un mélange de 60% d’eau de Loire et de 40% d’eau souterraine. Les proportions ont été inversées cet été pour privilégier l’eau des forages, plus fraîche. Mais cette ressource n’est pas illimitée : "Cette année, on a connu un niveau historique à Blois" constate Romain Themereau, responsable de l’usine des eaux pour Veolia. Si aucune pénurie n’est annoncée à court terme, la répétition possible des sécheresses incite à anticiper : "On tente de voir comment sécuriser l’accès à l’eau de Loire pour l’eau potable" souligne Christophe Degruelle, président d’Agglopolys.

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Une prise d’eau déplacée au cœur du fleuve

Le dispositif expérimental vise à répondre à une difficulté précise : lorsque le niveau de la Loire baisse, le chenal qui conduit l’eau vers les pompes de l’usine peut ne plus être suffisamment alimenté. La solution consiste à installer une pompe flottante directement dans le lit du fleuve, à un endroit où la profondeur est plus importante. Des canalisations permettent ensuite d’acheminer la ressource jusqu’à la station existante. "On va en avoir un petit peu plus loin, derrière l’île, plus du côté de la rive sud" montre Christophe Degruelle. Développée avec l’expertise de Veolia, cette technique a déjà été déployée dans d’autres collectivités, mais constitue une première à Blois. La capacité de pompage est estimée à au moins 500 mètres cubes par heure, contre 750 mètres cubes pour la prise d’eau habituelle. L’essai doit vérifier les performances réelles du système et sa capacité à alimenter l’usine dans des conditions de niveau variables.

Un système de pompe flottante permet d'aller puiser de l'eau directement dans le lit de la Loire.
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Une solution complémentaire pour les années à venir

Prévue sur une à deux semaines, l’expérimentation doit également évaluer la facilité d’installation, les contraintes techniques et les effets potentiels sur l’environnement et les usages du fleuve. Pour Mathieu Marquaille, vice-président d’Agglopolys chargé de la gestion de l’eau, cette démarche répond à une logique d’anticipation : "C’est un test, mais si ça fonctionne, nous pourrons faire face à d’éventuelles difficultés l’année prochaine ou dans les années à venir". Le dispositif n’a pas vocation à remplacer les installations existantes, mais à offrir une solution de secours si le chenal venait à s’assécher davantage. Les résultats permettront d’en préciser les limites, le coût et les conditions de déploiement. L’enjeu est de diversifier les moyens de prélèvement sans accroître excessivement la pression sur les nappes souterraines, afin de préserver la continuité de la distribution d’eau potable sur le territoire.