Eleveur de chevaux accusé de violences : d'anciennes employées témoignent

Cheval

Modifié : 0h42 par Manon Foucault

Le 30 décembre dernier, l’association "One Voice" a porté plainte auprès du tribunal du Mans à l’encontre d’un éleveur de chevaux installé à Savigné-l’Evêque. D'anciennes employées ont tenu à témoigner des violences constatées.

Tout part du signalement d’un lanceur d’alerte auprès de "One Voice". L'association de défense des animaux reçoit des dizaines de vidéos et de témoignages dénonçant le comportement violent d'un éleveur de chevaux pur-sang arabes basé dans la campagne sarthoise, à Savigné-l'Evêque. "Sur ces images on voit des chevaux fermement tenus par une longe qui subissent une pluie de coups de pied, de poing et de bâton" décrit Lola Rebollo, responsable de campagne pour l'association qui a porté plainte contre l'éleveur en décembre dernier.

"Il y avait du sadisme, il prenait plaisir à ça"

Avant de créer sa structure, en Sarthe, l’éleveur a monté une écurie en Ille-et-Vilaine avec son ex-compagne. Celle-ci nous décrit l’emprise et les coups endurés pendant des années, aussi bien sur elle que sur les animaux. L’homme est condamné fin 2020 pour violences conjugales. Il quitte la pension l’année suivante, notamment grâce à Déborah. Elle a travaillé six mois dans le premier élevage du mis en cause. "Il mettait des coups de chaîne : une pouliche de 6 mois avait des plaies de 5 centimètres de profondeur, jusqu'à l'os, de chaque côté de la mâchoire. Ça le faisait sourire. Il était content et fier de dire qu'elle avait retenu la leçon. Il y avait du sadisme, il prenait plaisir à ça" se souvient-elle.

"Il prenait tout ce qui lui passait sous la main"

Adèle a été employée à l’écurie avant Déborah, elle ne restera que quelques mois : "Il mettait les poulains à terre et donnait des coups de poing et de pied dans les flancs, des claques, des coups de chaîne, des coups de fouet : tout ce qui lui passait sous la main" décrit-elle. "Quand il estimait que les chevaux n'étaient pas méritants, ils devaient rester au box parfois des semaines entières. Il nous rabaissait constamment, en nous disant que si on ne faisait pas bien notre travail, il ferait en sorte qu'on n'en trouve pas ailleurs" nous confie-t-elle.

Des chevaux auraient déjà été maltraités dans l'ancienne écurie du mis en cause :

Les propriétaires de chevaux jamais inquiétés ?

Une éleveuse sarthoise de pur-sang arabes nous confie avoir retiré ses chevaux de la pension du mis en cause, après avoir constaté les violences sur ses animaux. D’autres propriétaires n’ont jamais rien vu selon Stessy. Elle a travaillé aux côtés d’Adèle pendant plusieurs mois, dans la première structure de l'homme accusé de maltraitance : "Les clients préviennent avant de venir. Quand ils arrivent, il fait tout beau, tout propre. Et là il est doux avec les chevaux. Nous étions choquées. Les animaux étaient traumatisés" se remémore-t-elle. 

Un homme puissant ?

Adèle et Stessy dénoncent les pots de vin proposés aux employés pour qu'ils se taisent. Elles parlent du mis en cause comme d'un homme avec un réseau d'amis et de clients importants dans un milieu très fermé dans lequel règne l'omerta et où les prix de chevaux d'une race considérée comme luxueuse, s'envolent. Aucune des jeunes femmes mentionnées dans cet article n'a poursuivi sa carrière dans le milieu équestre. Contacté à plusieurs reprises, le mis en cause n’a pas souhaité répondre à nos questions.