Enerflux à Blois : après le choc du PSE, 63 salariés toujours à la recherche d’un nouveau départ

Ce premier job dating s'est tenu mercredi 23 septembre au Carroir à La Chaussée-Saint-Victor.

Modifié : 13h03 par Nicolas Terrien

Après la reprise d’Enerflux par le groupe Sirius, 73 salariés n’ont pas été repris et bénéficient d’un plan de sauvegarde de l’emploi. Si une dizaine d'entre eux a déjà retrouvé une activité, les autres ont pu participer à un job dating organisé à Blois ce mercredi 23 septembre : 33 entreprises industrielles du Loir-et-Cher et de la région réunies, pour leur proposer des emplois, mais aussi des pistes de formation et de reconversion.

Ils ont parfois passé une grande partie de leur vie professionnelle chez Enerflux. Éric, chef d’équipe dans l’usinage, y a travaillé pendant 28 ans : "J’essaye de retrouver dans mon métier de préférence" explique-t-il. Pour l’instant, il a identifié plusieurs entreprises mais poursuit ses démarches avec confiance. "On est positif. Il faut bien l’être". Victoire, elle, a passé quinze ans au service des ressources humaines après avoir débuté en production. Elle recherche aujourd’hui un poste administratif. Une nouvelle étape qui n’est pas simple après des années dans la même entreprise. "Il faut tourner la page. Il faut rester positif" résume-t-elle, soulignant aussi le rôle du dispositif d’accompagnement mis en place autour des salariés. "A la moindre demande, ils sont au petit soin pour nous, et c’est très positif de ce côté-là".

Ecoutez le reportage de Nicolas Terrien :

33 entreprises pour faire se rencontrer offres et compétences

Au Carroir à La Chaussée-Saint-Victor, 33 entreprises sont venues à la rencontre des anciens salariés d’Enerflux. L’objectif était de rapprocher des compétences déjà acquises et des besoins de recrutement, notamment dans l’industrie. Pour Pierre-Axel Parodat, dirigeant de l’entreprise chausséenne EPMO, la mobilisation du tissu économique est essentielle. Lui-même recherche notamment des assistants chargés d’affaires, des dessinateurs en bureau d’études et des usineurs, tourneurs ou fraiseurs. Des métiers parfois difficiles à pourvoir. Mais le recruteur insiste aussi sur la valeur de l’expérience : "Un senior, c’est peut-être que cinq ans, mais au moins, on a une vraie compétence et un vrai savoir-faire, une autonomie aussi qu’on n’aura pas forcément avec quelqu’un de plus jeune".

Les anciens salariés d'Enerflux étaient invités à venir rencontrer de potentiels employeurs.
Ecoutez le reportage de Nicolas Terrien :

La "méthode Brandt" transposée à Enerflux

L’opération ne se limite pas à ce job dating. Les services de l’État veulent assurer un suivi dans la durée, avec des rendez-vous réguliers et une mobilisation des entreprises. Véronique Carré, directrice régionale de la Dreets Centre-Val-de-Loire, décrit un "accompagnement personnalisé des salariés". Cette méthode s’inspire directement de l’accompagnement mis en place après la liquidation de Brandt à Saint-Jean-de-la-Ruelle et Saint-Ouen-Vendôme. "C’est simplement de l’accompagnement resserré, du sur-mesure" résume le préfet de Loir-et-Cher Joseph Zimet. Chez Brandt, selon Véronique Carré, plus de 60% des personnes ont retrouvé un emploi neuf mois après la liquidation dans le Loir-et-Cher. Pour Enerflux, le travail ne fait que commencer.