"Ils viennent pour se retirer du monde" : dans les coulisses de Ciclic à Vendôme

Ciclic Vendôme

Modifié : 3 février 2026 à 20h07 par Bastien Bougeard

Tout est fait, à la résidence Ciclic de Vendôme, pour que les cinéastes en devenit donnent le meilleur d'eux-mêmes. Au bénéfice du 7e art, mais aussi pour le rayonnement français.

Dans le hall d’accueil de la résidence Ciclic à Vendôme, les murs blancs sont recouverts d’affiches montrant les films d’animation qui ont été en partie réalisés sur place. "Ça fait plaisir de voir que ces résidences portent leurs fruits et que ces réalisations ont eu un écho, c’est ce qu’on recherche. C’est chouette de travailler ici en se disant que tout est possible !" s’enthousiasme Baptiste Rajatski, jeune réalisateur fraîchement diplômé de l’école de La Poudrière.

Un havre de paix pour les réalisateurs

Comme une dizaine de réalisateurs, le garçon de 27 ans est venu travailler sur son premier projet de court-métrage après avoir obtenu une bourse à la fin de ses études. À l’intérieur, tout est fait pour que les équipes donnent le meilleur d'elles-mêmes : salle informatique avec tablettes graphiques, espaces de travail partagés, salle de pause avec canapés et jeux... "Quand ils viennent ici, c’est un peu pour se retirer du monde et travailler pendant une longue durée sur leurs projets" explique Éric Régineau, chargé de mission pour Ciclic.

 

Ciclic Vendôme Bis

On vient parfois de loin pour bénéficier des installations loir-et-chériennes. Chaerin Im, réalisatrice coréenne, apporte quelques ajustements à sa scène finale. Dans un silence absolu, elle retouche, à l’aide d’une palette graphique, un dessin inspiré des œuvres de son pays, peintes en noir et blanc. "L’objectif est de s’assurer que cela correspond à ce que veut la production". Pour elle, il était essentiel de venir travailler ici : "La France, c’est le centre du monde en matière de films d’animation indépendants. Quand je fais des recherches sur YouTube et les autres plateformes, je me rends compte que les meilleures réalisations sont passées par Ciclic, et c’est donc une réelle satisfaction d’être là".

"Je peux avancer plus vite"

Dans une autre salle, tout aussi silencieuse, Mathilde Bédouet, réalisatrice césarisée, décalque une image pour en réaliser un croquis d’animation en 2D. Elle est venue avec toute son équipe : "C’est vraiment agréable de pouvoir travailler tous ensemble ici. Lors de ma précédente réalisation, je devais faire le lien avec plusieurs groupes à travers la France. Cette fois, je peux avancer plus vite et cela permet d’échanger plus facilement" soutient-elle.

 

Ciclic Vendôme

Des conditions qui expliquent les nombreuses récompenses obtenues par Ciclic ? Sans doute en partie. Éric Régineau tempère cependant : "Il faut rappeler que cela tient parfois à la personne et à son humeur du jour. Il y a quelques années, au festival d’Annecy, nous n’avions pas de récompenses. Depuis que le directeur a changé, nous sommes fréquemment nommés". Reste que Ciclic porte haut les couleurs du Centre-Val-de-Loire, en France d’abord, avec l’obtention d’un César pour le court métrage d’animation "Beurk", en partie réalisé à Vendôme. Tout comme à l’international : "Amélie et la métaphysique des tubes" a été sélectionné aux Oscars 2026 dans la catégorie du meilleur film d’animation. Une petite consécration en soi, de quoi donner de l’espoir aux dix porteurs de projets actuellement accueillis à Vendôme.