Ouverture de la pêche à la coquille Saint-Jacques en Normandie, une saison annoncée comme exceptionnelle

Coquille Saint-Jacques

Modifié : 30 septembre 2026 à 19h25 par Alizée Lanzarini / crédit photo : Sweet FM

La pêche à la coquille Saint-Jacques reprend ce jeudi 1er octobre au large des côtes normandes, avec les premières sorties des coquillards. Une saison annoncée comme exceptionnelle, malgré un volume légèrement inférieur à l'an dernier.

"L'or blanc" fait son retour sur les étals des ports et des marchés normands. La pêche de la coquille Saint-Jacques rouvre au large des côtes de la région jeudi 1er octobre. Une période forcément importante pour les pêcheurs, selon Dimitri Rogoff, président du comité des pêches de Normandie : "L'ouverture de la coquille Saint-Jacques, c'est toujours un grand moment. C'est la première espèce en valeur en Normandie, c'est aussi la première espèce en valeur en France et très certainement en Europe. Donc c'est essentiel pour 300 bateaux. Ils ne vont peut-être pas y aller tous dès le premier jour, mais d'ici une quinzaine de jours, tout le monde ira à la coquille". Et surtout dès novembre avec l'ouverture de la pêche en baie de Seine, où le gisement est le plus important.

Une biomasse exceptionnelle malgré des volumes en baisse

En moyenne 35 000 tonnes de coquilles sont pêchées chaque année en baie de Seine. Après une saison 2025-2026 qualifiée d'exceptionnelle, la ressource devrait de nouveau être au rendez-vous, même si le volume sera légèrement inférieur. Jérôme Vicquelin, président de Normandie Filière Mer, organisation qui fédère l'ensemble des professionnels de la pêche de la région, se veut rassurant : "Par rapport au rendement, il y a peut-être 20% de moins cette année, mais avec une biomasse exceptionnelle. Avec la reproduction, il y a actuellement beaucoup de petites Saint-Jacques, elles vont grossir pour l'année prochaine et ça risque d'être une année record".

Une production qui a explosé

Les noix restent incontournables sur les tables de fête, mais leur consommation reste trop concentrée sur cette période selon les professionnels. "Disons qu'on produit à peu près cinq fois plus qu'il y a une dizaine d'années, donc ces produits-là, il faut effectivement les écouler, les valoriser" consate Dimitri Rogoff. La ressource est en effet désormais préservée grâce à une réglementation stricte. La période qui suit les fêtes présente pourtant des avantages pour les consommateurs : "C'est souvent un peu moins cher. Elles sont plus belles parce qu'il y a le corail qui s'est bien développé." 60 % des volumes sont pêchés à ce moment-là. 

Une consommation encore trop irrégulière

Selon une étude de Normandie Filière Mer, 84% des Français déclarent consommer de la coquille Saint-Jacques, mais seuls 24% en mangent plus de deux fois par an. Cette baisse des ventes, une fois les guirlandes de Noël décrochées, fragilise l'équilibre économique des professionnels estime Jérôme Vicquelin : "L'impact, oui, c'est un peu plus compliqué parce qu'objectivement le prix diminue pour le pêcheur, donc moins de rendement. Mais on sent que ces dernières années le marché janvier-février est un peu plus preneur. Donc j'espère que cette année, ça sera encore mieux et qu'on arrivera enfin à vendre la Saint-Jacques du 1er octobre à fin mars, quasiment au même prix".