Sapeurs-pompiers : du Centre-Val-de-Loire à Paris, la colère monte d’un cran

Des pompiers venus de toute la France convergent vers Paris en ce début de semaine.

Modifié : 28 septembre 2026 à 22h41 par Nicolas Terrien

Plusieurs dizaines de sapeurs-pompiers du Centre-Val-de-Loire prennent ce mardi 29 septembre la direction de Paris. Après plusieurs semaines de grève, ils veulent peser sur les négociations avec le gouvernement et alerter sur leurs difficultés à assurer les missions. Du Cher au Loiret, en passant par le Loir-et-Cher, les revendications locales nourrissent une mobilisation désormais nationale.

Ils seront une cinquantaine à prendre la route du Cher, tôt ce mardi matin, pour rejoindre la capitale. Les sapeurs-pompiers berrichons doivent gonfler les rangs du cortège qui s’élancera de la place d’Italie, avant de participer à la manifestation nationale de la fonction publique. Dans le même temps, des délégations venues du Loiret, du Loir-et-Cher, de l’Indre, de l’Indre-et-Loire et de l’Eure-et-Loir sont également mobilisées à Paris. Une présence régionale revendiquée par Jérôme San Filippo, vice-président national de la Fédération autonome des sapeurs-pompiers : "La région Centre s'est mobilisée aussi dans les nombreux départements". Pour lui, les revendications portées au niveau national sont d’abord celles vécues sur le terrain : "C'est toutes les revendications de la région Centre, du Loiret, de l'Eure-et-Loir et de tous les départements qui remontent au niveau national".

Ecoutez le reportage de Nicolas Terrien :

Des effectifs jugés insuffisants sur le terrain

Derrière la mobilisation, les syndicats mettent notamment en avant la question des effectifs et des moyens. En Loir-et-Cher, Fabien Durand, président départemental de la Fédération autonome des sapeurs-pompiers, décrit une organisation fragilisée par le manque de personnels disponibles en journée : "On est en sous-effectifs pour assurer nos missions" affirme-t-il. Le recours aux volontaires ne permettrait pas, selon lui, de compenser systématiquement ces difficultés lorsqu’ils sont retenus par leur activité professionnelle. Conséquence évoquée : certaines petites casernes ne peuvent pas toujours être suffisamment alimentées en personnel, obligeant des sapeurs-pompiers à parcourir davantage de kilomètres pour rejoindre les interventions. "Il faut rajouter des professionnels pour pouvoir assurer" insiste Fabien Durand, qui estime que l’enjeu est aussi celui de l’égalité des chances face à une urgence, quel que soit le lieu d’habitation.

Les pompiers demandent les moyens de pouvoir assurer leurs missions du quotidien.

Le rendez-vous avec le ministre très attendu

Après les rassemblements organisés récemment à Paris, ce mardi 29 septembre constitue une nouvelle étape du mouvement. Les responsables syndicaux doivent être reçus dans la foulée par leur ministère de tutelle. Les pompiers demandent notamment des recrutements, des moyens pérennes pour les services d’incendie et de secours, un recentrage de certaines missions ainsi qu’une meilleure prise en compte de la santé et de la sécurité des personnels. Jérôme San Filippo attend désormais des arbitrages : "Assez de longs discours, assez de blablas ! Maintenant, il faut prendre des décisions". En Loir-et-Cher, Fabien Durand considère lui aussi que le fonctionnement actuel a atteint ses limites : "La sécurité civile ne peut plus fonctionner comme ça. Il faut que ça change". La grève est, à ce stade, couverte par un préavis jusqu’au 20 octobre.