Tensions, premiers mots des accusés et panne, le procès de la petite martyre de l'A10 s'est ouvert à Blois

Procès-Martyre-A10-Blois

Modifié : 19h29 par Bastien Bougeard / crédit photo : Sweet FM

Le procès des parents d’Inass Touloub, "la petite martyre de l’A10", s’est ouvert dans un contexte tendu ce lundi 2 novembre devant la cour d’Assises du Loir-et-Cher. Une première journée d’audience émaillée par un incident en marge d’une suspension d’audience.

"Justice pour Inass !". Trente minutes avant le début du procès d’Halima El-Bakhti, 72 ans, et Ahmed Touloub, 74 ans, quatre membres de l’association "Mouv’enfant" donnent de la voix. Les accusés sont les deux parents d’Inass, "La petite martyre de l’A10", poursuivis pour tortures et actes de barbaries ayant entraîné la mort sans intention de la donner pour la mère et complicité pour le père.

De premières tensions

C’est un procès, comme il s’en tient rarement à la cour d'Assises du Loir-et-Cher et les tensions ont vite franchi un cap au début de l’audience. Les débats sont à peine engagés que Frank Berton, l’avocat du père d’Inass s’indigne : "Nous avons été informés que la connexion a été interrompue dans la salle de retransmission !" lance-t-il, faisant allusion à une salle voisine de 200 mètres du palais de justice. Avant d'appuyer : "La publicité des débats ne peut être assurée !".

"Vous n'êtes pas maîtresse d'école"

Le débat, tendu, s’engage avec Audrey Debeugny, la présidente : "J’ai été informée d’un incident, pas d’une panne !" se défend-elle. L’échange dure, s'envenime : "Vous n’êtes pas maîtresse d’école, ne m’interrompez pas ! Le régisseur vous a prévenue de cette panne !" s’emporte le représentant de la défense, demandant la fin de la retransmission dans la salle de déport. Après une suspension d'audience, sa demande est refusée.

Frank Berton

La commune de Suèvres n'est pas partie civile

Puis vient le temps de l’analyse des constitutions des parties civiles. Celle de la mairie de Suèvres est contestée par Camille Radot, avocat d’Halima El-Bakthi. Une demande "incongrue, grotesque" dira-t-il, prétextant qu’une personne morale ne peut se constituer partie civile dans ce genre de dossier. "On cherche à chasser du prétoire la famille de cœur de cet enfant" rétorque maître Jean Sannier, qui défend la mairie de Suèvres. La cour donnera finalement raison à la défense, déclarant la constitution de partie civile irrecevable.

Les parents nient les faits qui leurs sont reprochés

Et suit la lecture, le déroulé des faits. Les blessures infligées à Inass sont listées, les actes d’enquêtes, les expertises, les violences que le père impute à la mère, tout en se disant victime, les résumés des auditions des enfants du couple... Ahmed Touloub garde les yeux rivés au sol, Halima El Bakhti, elle reste attentive. Elle est la première à être questionnée : "Reconnaissez-vous les faits ?" lui demande-t-on. "Mon ex-mari a beaucoup menti et mes filles aussi" répond-elle d’abord, avant de se préciser : "Non, c’est ma fille aussi". Ahmed Touloub nie également son implication : "Complice ? Moi-même j’ai été battu, commencet voulez-vous que je sois complice ?" se défend-il.

Pas de réponses quant à la succession de violences qui ont mené à la mort, puis à l'abandon d'Inass Touloub, le 11 août 1987, au bord de l'A10.