Thierry Gomez : "le notable de la région qui gère le club de foot, c'est fini"
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Modifié : 19h47 par Corentin Allain / crédit photo : Sweet FM
Quelques jours après l’officialisation du changement de capital au sein du Mans FC, le président directeur général du club Thierry Gomez prend la parole. Entretien.
Pourquoi l’arrivée comme investisseur majoritaire du fonds OutField fait changer le club de dimension selon vous ?
Déjà il faut rappeler qu’aujourd’hui le football français est malade, il n’y a plus de droit télé et les perspectives sont très pessimistes pour nos clubs. Et puis de l’autre côté, il y a cette dynamique très intéressante au sein du Mans FC : on est dans le top cinq chez les garçons en Ligue 2 et chez les filles en Seconde Ligue, on est premier dans un peu toutes nos équipes. On est aussi la deuxième affluence de Ligue 2 juste derrière Saint-Étienne.
"C’est l’occasion de passer le braquet supplémentaire"
Comme vous le savez, OutField avait fait une première rentrée dans le capital l'été dernier. Maintenant, on a la capacité d'acheter notre centre d'entraînement, et les instances nous ont donné leur feu vert pour créer notre centre de formation. A nous de le construire, mais ça nécessite des investissements importants de plusieurs millions d’euros. C’est l'occasion de passer le braquet supplémentaire. Il était logique et légitime qu'OutField devienne majoritaire et que je puisse m'effacer par rapport à eux.
Vous conservez tout de même votre rôle de président...
Pour être très honnête avec vous, c'était une demande très forte de l'investisseur. On a appris à se connaître, et l'idée pour eux désormais, c'est de continuer ce qu'on a entrepris. S'ils sont venus aujourd'hui, c'est parce que ils ont trouvé un club qui était sain, sans dette, bien géré, avec une bonne dynamique, des gens compétents en interne, que ce soit sur le plan administratif ou sur le plan sportif, avec aussi des infrastructures certes à développer, mais un foncier qui existe, et ça c'est important. Donc ils ont souhaité continuer de cette façon-là. Il y avait aussi pour moi cet engagement moral par rapport à l'ouverture du centre de formation.
En plus de cette fonction, vous restez actionnaire. Mais quel est le montage, être-vous salarié d'OutField ?
Non, pas du tout. Comme n'importe quelle entreprise, Renault, Peugeot, L'Oréal, etc... il y a des actionnaires. Et puis il y a des gens qui sont là au quotidien pour faire marcher la boutique. Donc effectivement, je ne suis plus actionnaire majoritaire, mais je fais toujours partie du board. Je serai président directeur général, on continuera à fonctionner comme on le faisait avant, mais avec un peu plus de moyens. Et ça passe par ce centre de formation qui est quelque chose de très important, parce que moi ça fait dix ans que je vois partir nos meilleurs jeunes de 13-15 ans dans les autres clubs professionnels. A partir de maintenant, on va pouvoir leur offrir un projet de carrière. On sait qu'on ne pourra jamais recruter un Messi, un M’bappé ou un Ronaldo, mais peut-être qu'il existe aujourd'hui dans la Sarthe et s’il grandit chez nous peut-être qu’à 19-20 ans, il pourra être encore parmi nous et nous faire grandir.
Est-ce qu’avec ce rachat la valeur du club augmente aussi ?
Vous savez, c'est comme un particulier. Demain, vous devenez propriétaire, votre patrimoine est différent. C’est exactement ça l’idée avec le centre d’entraînement. Et ce foncier, les terrains comme les bâtiments, ont vieilli et ont besoin d’un petit coup de jeune. L'idée, c'est de pouvoir redynamiser aussi les infrastructures du club pour mieux travailler et donc, à l'arrivée, d'être plus performant.
Le terme "fonds d'investissement" peut faire peur, avec cette image de gens dont le but est de revendre assez vite en faisant une plus-value. Comment peut-on s’assurer que ce n’est pas ce qu’OutField va faire avec Le Mans FC ?
C’est dangereux de dire qu’un club doit forcément perdre de l'argent. Un club aujourd'hui, c'est une entreprise de spectacle pour laquelle il faut trouver un modèle économique. Avant, c’était les droits télé : il y a cinq ans, quand on était monté en Ligue 2, on avait eu 6 millions de droits télé. Cette année, on va peut-être avoir 1 million, vous voyez la différence. Mais on veut toujours faire découvrir la Ligue 1 à Marie-Mavingt, dans les 3, 5, 10 ans...
"Le notable de la région qui gère le club de football, c'est fini"
Les fonds d'investissement existent partout aujourd'hui, dans n'importe quelle entreprise en France, à l'étranger. Il faut vivre avec et voilà. Est-ce que c'est bien ou pas, je ne sais pas, mais peut-on lutter, lutter contre ça ? Non. Donc il faut travailler avec parce que le football a évolué. Aujourd'hui, le notable de la région qui gère le club de football c'est fini, et pas seulement au Mans, mais dans tous les pays du monde. Alors soit vous refusez, mais dans ce cas-là, il faut expliquer aux gens que le stade il faut en faire un projet immobilier et qu’on jouera à La Pincenardière devant 300 personnes. Donc pour une fois, soyons positifs, n’allons pas chercher la petite bête et regardons le verre à moitié plein.
Quel sera l’apport de Thibaut Courtois, gardien de but du Real Madrid et nouvel investisseur, auprès du Mans FC ?
Le Mans est un nom formidable, mondialement connu grâce aux 24 Heures, et on avait l'impression qu'on l'avait oublié. Avec l'arrivée de grands sportifs de haut niveau autour du Mans FC comme Novak Djokovic, Felipe Massa, Kevin Magnussen et aujourd’hui Thibaut Courtois, le nom du Mans rayonne dans le monde entier. Et puis au-delà de ça, ce sont aussi des hommes d'affaires, des investisseurs. Thibault Courtois, lui, a même créé son propre fonds, il investit déjà dans différents domaines, dans les sports mécaniques ou dans le sport en général. Il sait que le football ce n’est pas comme le golf, on ne joue pas jusqu'à 60 ans ou 70 ans... On aura des suivis permanents, et quand il viendra au Mans, ce sera extraordinaire pour le public. Mes gardiens de but étaient ravis : Nicolas Kocik vient du Nord, Thibault est Belge, il m'a dit que c'était son idole quand il était jeune. Donc tout ça pour la dynamique, c'est extraordinaire.
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— Sweet FM (@sweetfm.bsky.social) 19 février 2026 à 19:34
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