Vendôme : les contours du projet d’EverEver pour reprendre Brandt se dessinent

Brandt

Modifié : 2 février 2026 à 23h00 par Bastien Bougeard

Martin Hacpille, PDG d’EverEver, a visité le site de Brandt aux portes de Vendôme ce lundi 2 février. Il y a présenté son projet de reprise aux élus et aux anciens salariés.

"Nous sommes sur la réserve" : les mots ont finalement été lâchés par Lionel Renaud, secrétaire du CSE de Brandt. Il accompagnait, aux côtés d’anciens salariés et d’élus, Martin Hacpille, le PDG d’EverEver, venu visiter le site vendômois après avoir déposé une offre de reprise le 29 janvier dernier devant le tribunal des affaires économiques de Nanterre. Sous une pluie fine, le dirigeant breton a détaillé ce qu’il comptait faire : lancer une production de plaques de cuisson durables et esthétiques, dans la lignée de son premier produit phare, un lave-vaisselle baptisé "Albert". Le groupe met en avant un indice de réparabilité maximal ainsi qu’une intégration pensée pour la cuisine contemporaine.

Un million d'euros en financement participatif

Le dirigeant s’est toutefois montré davantage intéressé par les machines que par les bâtiments : "Notre but n’est pas de reprendre ce site, mais de reprendre l’outillage et de le déménager à proximité afin de rester proche des salariés. Il faudrait plusieurs centaines de milliers d’euros pour lancer cette activité" a-t-il expliqué. Pour financer le projet, EverEver devra séduire banques et investisseurs, mais aussi compter sur une campagne de financement participatif. Sur les trois millions d’euros nécessaires, Martin Hacpille affirme avoir déjà récolté un million en quelques jours.

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La reprise d’activité, elle, "se ferait de manière minimale dans un premier temps" souligne Christophe Marion, député de la circonscription, présent lors de la visite. Le chiffre de 10 à 15 salariés est avancé par le parlementaire, une trentaine selon le chef d'entreprise : "Pour de l’assemblage, c’est suffisant. Mais quand je suis arrivé à Brandt il y a 40 ans, nous étions 800. Ce ne serait pas assez pour faire vivre le site actuel" insiste Lionel Renaud. Autre point d’interrogation soulevé par Christophe Marion : "Le business plan ne nous a pas été présenté, et j’ai du mal à voir comment les choses pourraient se mettre en place concrètement. Je ne suis pas méfiant, mais prudent. Il ne faut pas vendre du rêve aux salariés".

150 emplois créés d'ici 2029

Les anciens salariés, justement, ne veulent pas de faux espoirs : "Il ne nous a pas fait de promesses et nous lui avons demandé de ne pas nous en faire" relate Georges Caranho, délégué syndical CFE-CGC. Le PDG d’EverEver leur a assuré vouloir avancer comme une PME et vise, à terme, la création de 150 emplois à l’horizon 2029. Il rappelle que l’outil industriel et les compétences sont ses priorités, tout en restant évasif sur l’avenir des quatre marques historiquement produites à Saint-Ouen : Brandt, De Dietrich, Sauter et Vedette. Si tous les acteurs reconnaissent que le projet est séduisant, les zones de flou demeurent nombreuses. Il reviendra désormais au tribunal des affaires économiques de Nanterre de juger si l’offre est recevable.

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— Sweet FM (@sweetfm.bsky.social) 12 décembre 2025 à 14:24