A Rouen, bientôt des espaces pour se baigner dans la Seine ?

Baignade Seine

Modifié : 19h10 par Julien Dubois / crédit photo : Sweet FM

Dans la lignée de l'annonce d'une traversée de la Seine à la nage lors de la prochaine Armada, en 2027, des voix militent pour l'aménagement de zones de baignade le long du fleuve, dans un contexte également d'épisodes de chaleur répétés.

Après Paris, pourrait-on envisager de se baigner dans la Seine à Rouen ? Le collectif "Seine Vivante 76" y croit fermement. Il milite depuis plusieurs années pour la création de zones de baignade. S'il n'est pas rare de voir des jeunes se jeter dans les eaux du fleuve, la pratique est pourtant interdite par un arrêté datant de 1923. Il est temps de faire évoluer la situation, en lien avec les épisodes de canicule répétées, estime Philippe Vue, membre du collectif. "Il faut donner des lieux à notre jeunesse. On leur doit un peu de qualité de vie dans, dans ce monde qui se réchauffe à cause de tous les anciens, dont certains n'ont, n'ont pas pris la mesure des futurs dérèglements".

"On ne peut pas plonger n'importe comment"

Dans l’agglomération rouennaise, trois-quarts des habitants vivent dans des communes traversées par des cours d'eaux. Sur la Seine, trois lieux ont été identifiés - Rouen île Lacroix, Belbeuf-Saint-Adrien et Saint-Aubin-lès-Elbeuf - pour accueillir des zones de baignade et ainsi limiter les accès à des zones plus dangereuses. "On ne peut pas plonger comme ça n'importe comment. Récemment, quatre jeunes ont sauté d'un pont [ndlr : du pont Flaubert, après la victoire du PSG en finale de la Ligue des champions], dont deux ont eu quand même pas mal de difficultés à trouver l'échelle pour remonter sur les quais. On ne défend pas ce genre de pratiques qui peuvent être dangereuses. On défend des espaces aménagés comme à Paris et dans la Marne".

Collectif Seine vivante 76

Ces deux zones évoquées ont fait l'objet d'une surveillance sanitaire renforcée sur la qualité de l'eau. Il faudrait en faire de même dans l’agglomération rouennaise de Rouen, estime Cédric Fisson, chargé de mission auprès du GIP Seine-Aval, qui va lancer une étude axée sur la détection des bactéries provenant des eaux usées. "On a quelques données sur ces paramètres-là en Seine qui montrent qu'on n'est pas si loin des normes réglementaires pour la baignade. Par contre, ce qu'on n'a pas aujourd'hui, c'est un vrai suivi en bonne et due forme orienté vers la baignade". Et en cas de fortes pluies, pas question de tremper un orteil dans les jours qui suivent en raison des déchets et des bactéries charriés qui contaminent l'eau.

Un sujet de plus en plus crédible

Le collectif souhaite également l'instauration de zones non surveillées dans des plus petits cours d'eau, comme le Cailly ou l'Austreberthe, et appelle les élus à s'emparer d'un sujet qu'il estime de plus en plus crédible. "Les collectivités, les industriels ont fait des efforts par rapport à la pollution de l'air. Pour la pollution de l'eau, c'est pareil, il faut qu'ils fassent baisser les taux de leurs stations d'épuration et qu'il y ait des investissements là-dessus. C'est un combat qui est important de récupérer cet élément naturel de loisir, de plaisir et puis de sport aussi, éventuellement". De son côté, Haropa Port met en garde le public sur les risques liés à la baignade sauvage au niveau des ponts et des écluses. "Sauter dans ces zones peut provoquer des blessures graves, voire mortelles" souligne-t-il.