À Vendôme, le projet de site hospitalier unique joue désormais sa survie

Le projet de site unique hospitalier à Vendôme est à la croisée des chemins.

Modifié : 18h49 par Nicolas Terrien

Le projet de regroupement de l’hôpital de Vendôme, de la clinique du Saint-Cœur et de l’Hospitalet de Montoire-sur-le-Loir entre dans une phase décisive. Fragilisé par la découverte d’un important potentiel archéologique sur le terrain initialement retenu, ce chantier à 110 millions d’euros fait désormais l’objet d’une reprise en main par l’État. Un nouveau calendrier a été présenté ce vendredi 19 juin. Objectif : franchir des étapes irréversibles avant les échéances nationales de 2027.

Censé offrir au Vendômois un pôle de santé moderne réunissant acteurs publics, privés et associatifs sur un site unique, le projet semblait avoir franchi une étape majeure avec l’acquisition d’un terrain route de Blois en janvier 2025. Mais les fouilles archéologiques préventives ont rebattu les cartes. La découverte d’un site à "haut potentiel archéologique" fait peser le risque de délais supplémentaires et de surcoûts importants. Pour autant, les partenaires refusent d’y voir un coup d’arrêt. "Nous devons réussir", martèle préfet du Loir-et-Cher, Joseph Zimet, désormais chargé par l’Agence régionale de santé (ARS) de reprendre l’animation du dossier. Tout en reconnaissant la complexité d’un projet réunissant un centre hospitalier public, une clinique privée et un établissement associatif, il évoque "la réunion de la dernière chance" et estime "qu’il n’y a plus droit à l’erreur". Le représentant de l’État insiste aussi sur l’urgence de la situation. L’hôpital de Vendôme est aujourd’hui confronté à des locaux vieillissants situés en zone inondable. "On ne peut pas attendre trois ans pour choisir un terrain", prévient-il.

Ecoutez le reportage de Nicolas Terrien :

Un calendrier resserré pour sauver le projet

Face aux inquiétudes croissantes, l’ARS a annoncé la mobilisation d’un cabinet de conseil spécialisé dans les grands projets hospitaliers complexes. Sélectionné dans les prochaines semaines, il devra remettre ses conclusions pour le 15 octobre. Sa mission : actualiser le programme technique, examiner plusieurs hypothèses foncières et permettre aux partenaires de prendre des décisions définitives avant la fin de l’année. L’objectif affiché est clair : lancer le concours de maîtrise d’œuvre d’ici décembre 2026, préalable indispensable au dépôt du permis de construire en 2027. "Nous nous mettons tous en ligne pour pouvoir aboutir", assure Clara de Bort, directrice générale de l’ARS Centre-Val de Loire. Selon elle, les années écoulées n’ont pas été perdues. Malgré les crises successives — difficultés de la clinique, tensions autour des urgences ou encore sauvetage de la maternité — le travail préparatoire reste largement exploitable. Le terrain initial n’est pas officiellement abandonné, mais d’autres sites sont désormais étudiés. "On ne s’interdit rien", confirme le maire de Vendôme, Laurent Brillard. Quelques emplacements compatibles ont été identifiés à proximité du pôle urbain vendômois, notamment vers la gare TGV. L’enjeu principal demeurant l’amélioration de la prise en charge des patients et l’attractivité pour les professionnels de santé.

Une réunion s'est tenue ce vendredi 19 juin en sous-préfecture à Vendôme.

Une course contre la montre avant 2027

Au-delà des contraintes techniques, c’est désormais le calendrier politique qui concentre toutes les attentions. Plusieurs acteurs du dossier redoutent qu’un changement de contexte national après l’élection présidentielle de 2027 ne fragilise le financement de l’opération. Le député Christophe Marion a d’ailleurs choisi de hausser le ton. "Si on n’a pas des choses concrètes en décembre 2026, les élections présidentielles de 2027 tueront ce projet", affirme-t-il, jusqu’à mettre sa candidature aux prochaines législatives sous condition de réussite du projet ! Une déclaration qui traduit l’inquiétude générale face à un investissement de 110 millions d’euros dans un contexte budgétaire particulièrement tendu. Malgré cette pression, le climat de la réunion organisée ce vendredi se voulait résolument constructif. Les partenaires disent avoir retrouvé de la visibilité et de la confiance, à l’image de l’Hospitalet à Montoire. Sa directrice générale Hélène Coulanges salue une méthode "très rigoureuse" susceptible de lever les freins identifiés jusqu’à présent. Même tonalité chez Monique Gibotteau, présidente du conseil de surveillance de l’hôpital, qui évoque "un élan d’espérance" partagé par l’ensemble des acteurs. Le rendez-vous du 15 octobre apparaît donc comme une étape charnière. À Vendôme, chacun en est conscient : plus q’un projet immobilier, c’est l’avenir de l’offre de soins du territoire qui se joue désormais contre la montre…