Nucléaire : pour une sûreté "équivalente à celle d’un EPR" à Saint-Laurent-des-Eaux

23 janvier 2024 à 18h37 par Nicolas Terrien

La centrale nucléaire de Saint-Laurent-des-Eaux doit soumettre ses deux unités de production à des visites décennales avec un seul but : prolonger leur capacité de production pour les dix ans à venir. C’est chose quasi faite pour le réacteur 2. Le 1 suivra en 2025.

"2023 a été une année de travaux exceptionnelle jamais vue en quarante ans" s’exclame Nicolas André, soit depuis le démarrage de Saint-Laurent 2 au début des années 80. C’est vrai que l’activité aura été intense sur le site de production d’électricité l’an dernier, puisqu’on y a dénombré jusqu’à 2 500 personnes en simultané, contre 850 agents au quotidien, certes sans compter les sous-traitants. Là, ce sont 210 entreprises qui y sont intervenues chaque jour ! Les raisons de cette effervescence ? "L’unité de production n°2 a subi sa quatrième visite décennale en 2023" explique le directeur d’exploitation, soit un vaste programme de maintenance et de travaux modificatifs des installations du réacteur. Ainsi, c’est une vraie petite ville qui s’est animée durant ces dix mois de chantier !

Titre :Ecoutez le reportage de Nicolas Terrien :

Un vaste chantier industriel


Cela a commencé par une visite complète de l’installation -cuve, circuit primaire, enceinte de confinement-, puis sont arrivées toutes les modifications sur l’existant "pour obtenir un niveau de sûreté équivalent à celui d’un EPR" assure Nicolas Bouton, directeur délégué de la centrale. Des travaux ont été réalisés afin de faire face aux risques naturels -séismes, canicules, inondations...-, et de nouveaux systèmes de refroidissement de l’enceinte du bâtiment réacteur et de la piscine de désactivation ont été mis en place. Enfin, les opérations de maintenance se sont concentrées sur des remplacements de composants sur le circuit primaire. Le rotor de l’alternateur a été changé, et les deux corps basse pression de la turbine ont été contrôlés.

Au tour du réacteur N°1 en 2025


Ce grand chantier sur Saint-Laurent représente un investissement de 75 millions d’euros pour EDF. Toute la phase de travaux a déjà été validée par l’Agence de sûreté nucléaire (ASN), mais cette dernière doit encore confirmer son autorisation d’exploitation jusqu’en 2033, ce qui devrait être fait dans les semaines, sinon dans les mois qui viennent. Mais Nicolas André l’assure : "Nous sommes confiants !". Et c’est d’autant plus important qu’en 2025, ce sera au tour de l’unité de production n°1 de se plier à sa visite décennale, "mais nous bénéficierons de l’expérience de 2023". En attendant, 2024 sera mise à profit pour reconnecter les deux réacteurs au réseau, et ainsi doubler la production d’électricité de 2023 pour viser les 12 Térawatts/heure, soit la consommation annuelle de deux millions de foyers !