Au cœur d’Enerflux by Sirius : après sa reprise, l’usine blésoise change d’orbite
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Modifié : 20 mai 2026 à 23h02 par Nicolas Terrien
Reprise il y a quelques semaines à la barre du tribunal des affaires économiques de Lyon par le groupe Sirius Space Services, l’usine Enerflux de Blois amorce sa transformation. Entre héritage automobile et ambitions spatiales, le site veut désormais fabriquer des fusées lanceuses de satellites tout en préservant une partie de son activité automobile historique. Rencontre avec son dirigeant, Antoine Fourcade.
Dans l’atelier encore très marqué par l’histoire automobile d’Enerflux, Antoine Fourcade s’arrête devant une imposante chambre de combustion destinée à un moteur de fusée : "C’est un prototype développé 100% par Sirius depuis cinq ans" explique le dirigeant et cofondateur de Sirius Space Services. Justement, d’ici la fin de l’année, cette pièce doit être fabriquée sur le site blésois. Plus loin, des panneaux métalliques du futur lanceur Sirius 13 attendent leur assemblage en série, sur place également. Le groupe spatial mise notamment sur la fabrication additive métallique, capable d’imprimer du cuivre ou de l’inconel, un alliage utilisé dans l’aérospatial. "Certains développements ont été menés avec le Centre national d'études spatiales, notamment autour du projet européen ASTRE, pour un moteur à forte poussée destiné aux futurs lanceurs lourds".
De l’automobile aux micro-lanceurs
À l’origine spécialisée dans les pompes de direction assistée, Enerflux entame désormais une diversification profonde. Sirius Space veut faire du site de Blois un maillon industriel stratégique pour ses micro et mini-lanceurs capables de placer jusqu’à une tonne de satellites en orbite basse. Le premier étage de sa future fusée doit d’ailleurs être assemblé sur place dès l’an prochain. Pour autant, l’automobile ne disparaît pas. Le groupe prévoit qu’elle représente encore 40% de l’activité en 2030, notamment avec les marchés bus et poids-lourds liés à l’électrification. Outre le spatial et l’automobile, deux autres secteurs doivent aussi monter en puissance : l’aéronautique-défense et une activité d’assemblage industriel pour d’autres produits fabriqués en France, type lampes de lecture... Sirius évoque déjà un objectif de 50 millions d’euros de chiffre d’affaires à horizon 2030, contre un peu plus de 20 millions aujourd’hui.
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Une reprise rapide sous surveillance sociale
Installé depuis à peine une semaine et demie au moment de l’entretien ce mercredi 20 mai, Sirius Space affirme avancer plus vite que prévu. Les premières formations aux procédés spatiaux doivent débuter début juin et de nouveaux assemblages ont déjà commencé dans l’usine : "Les équipes sont motivées et croient au projet" assure Antoine Fourcade, qui insiste sur l’appropriation progressive du site par les salariés repris. Sur les 178 employés que comptait Enerflux sous la bannière "ACI", 105 personnes ont été conservées, dont 101 CDI. Pour les 73 salariés non repris, le groupe a pris à la barre du tribunal un engagement de priorité de réembauche pendant 24 mois dans l’ensemble de ses sociétés. Sirius Space ambitionne à terme de remonter autour de 180 emplois à Blois. Une promesse désormais attendue au tournant par les salariés comme par les pouvoirs publics et les syndicats.
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