Du Perche au Mans, la trajectoire contrastée du chef Valentin Barbera
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Modifié : 23 janvier 2026 à 12h17 par Bastien Bougeard
Le tribunal de commerce de Blois se penche ce vendredi 23 janvier sur le cas du restaurant "Osma". En redressement judiciaire, l'établissement implanté à Sargé-sur-Braye est fermé depuis plusieurs jours, tandis que son chef s’apprête à rouvrir... au Mans.
Depuis quelques jours, le restaurant "Osma", situé au 25 rue Roger-Reboussin à Sargé-sur-Braye, garde porte close. Une fermeture définitive. À 31 ans, le chef Valentin Barbera prend le large, direction Le Mans. "Je tenterai de garder l’esprit insufflé à Osma, une cuisine végétale qui met en valeur des produits du Perche mais aussi de la Sarthe" confie-t-il. Un nouveau départ pour le chef, distingué par un "Bib Gourmand" en 2023 et d’une "Etoile Verte" au Guide Michelin en 2025, après une aventure en Loir-et-Cher marquée par quelques soubresauts.
Des débuts très prometteurs
Les ingrédients de la réussite étaient pourtant réunis. Une cuisine audacieuse, un chef au talent reconnu et un cadre plaisant. En 2022, Valentin Barbera, originaire du Tarn, reprend l’établissement et lance de grands travaux pour donner naissance à "Osma". "Au début, tout se passait bien, les retours que nous avions étaient très bons et nous nous entendions bien avec Valentin" relate un des producteurs qui travaillaient avec lui. "C’est un excellent chef" abonde une autre source auprès de la mairie qui lui loue l'emplacement. Les réservations affluent, les critiques élogieuses pleuvent, les reportages et les invitations dans les médias se succèdent.
Des impayés qui se multiplient
En 2024, l'affaire commence à tourner au vinaigre. La clientèle se fait plus discrète. Valentin Barbera se retrouve seul pour gérer les fourneaux et l’administratif, après le départ de son associé : "Ça s’est enchaîné très rapidement" se souvient l'intéressé. Les impayés se multiplient, notamment auprès de la municipalité pour les loyers. "Les choses se sont compliquées avec un défaut de paiement sur une commande. Depuis, nous avons perdu contact. Malgré nos relances, il ne nous a jamais répondu" affirme un producteur lésé. Plusieurs fournisseurs seraient dans ce cas, quand d’autres assurent avoir été payés, mais avec du retard.
Pourtant, en avril 2025, l’Urssaf saisit le tribunal de commerce de Blois. Près de 20 000 euros de cotisations demeurent impayés, l’organisme de recouvrement n’ayant pas réussi à obtenir les sommes dues. Selon les comptes-rendus d’audience que nous avons consultés, Valentin Barbera serait alors injoignable. Le restaurant est placé en redressement judiciaire. "C’est un mix de plusieurs choses : une baisse de la clientèle, qui a provoqué une diminution des rentrées financières, et j’admets que je ne suis pas un grand gestionnaire, ce n’est pas mon métier" reconnaît le chef.
"Les factures antérieures à l’ouverture de la procédure sont gelées"
Le cas de son établissement est examiné à deux reprises par le tribunal de commerce de Blois, qui prolonge la période d’observation afin de tenter de redresser la barre jusqu’au mois d’avril 2026. Une nouvelle audience est d’ailleurs prévue ce vendredi 23 janvier. Reste que l’interrogation demeure chez certains fournisseurs inscrits sur la liste des créanciers. L’un d’entre eux cherche notamment à comprendre pourquoi il n’a toujours pas été payé depuis 2024 : "Quand il y a un redressement judiciaire, les factures antérieures à l’ouverture de la procédure sont gelées" explique Valentin Barbera, selon qui "c’est désormais une affaire entre les mains du mandataire judiciaire".
Des fournisseurs à nouveau prêts à suivre Valentin Barbera
Peu importe l’issue de ce dossier, le chef se consacre désormais à son projet au Mans, dans la rue de la Perle. "Avoir un restaurant gastronomique dans un village de 500 habitants, ce n’était peut-être pas la meilleure chose pour la clientèle, car nous étions assez isolés... Un retour au centre-ville s’imposait" analyse-t-il. Il reconnaît aussi "un mix de fatigue et de ras-le-bol de tout ce qui s'est passé. Ce n'est pas une période agréable, il y a une envie de tirer un trait et repartir à zéro". De son passage en Loir-et-Cher, il dit tirer des leçons pour l’avenir. D’autres gardent en revanche un souvenir amer : "C’est une déception dans toute cette affaire" lâche le producteur que nous avons interrogé. Certains fournisseurs font le pari de suivre Valentin Barbera dans son aventure sarthoise, avec un objectif clair en ligne de mire : décrocher une première étoile au Guide Michelin.
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