Émeutes au Mans : trois mois ferme après le pillage de Sephora

Sephora Le Mans

Modifié : 15h45 par Jonathan Lateur

Un jeune homme de 20 ans a été condamné ce mercredi 4 novembre par le tribunal correctionnel du Mans pour vol en réunion, après le pillage du magasin Sephora, rue des Minimes, lors des émeutes du 17 octobre.

C’est une première condamnation après les violences du samedi 17 octobre dans le centre-ville du Mans. Iliass, 20 ans, originaire du quartier des Sablons, comparaissait ce mercredi 4 novembre devant le tribunal correctionnel. Ce jeune électricien intérimaire, sans casier judiciaire, était poursuivi pour avoir participé au pillage de la boutique Sephora, rue des Minimes. Le soir des faits, vers 20h30, les policiers avaient repéré un groupe de quatre jeunes près de la place d’Alger, les bras chargés de produits cosmétiques. À leur vue, les individus avaient pris la fuite, abandonnant des produits sous des voitures stationnées rue d’Arcole. Contrôlé ce soir-là, Iliass avait été laissé libre après avoir donné son identité. Il a finalement été interpellé et placé en garde à vue le mardi 3 novembre, avant sa comparution immédiate le lendemain.

Impossible de l’identifier sur les vidéos

Les images de vidéosurveillance montrent plusieurs individus cagoulés brisant une vitre pour pénétrer dans le magasin mais impossible de reconnaître formellement Iliass sur ces images. Le jeune homme, lui, conteste toute participation au pillage. À la barre, il a expliqué s’être rendu en centre-ville pour prendre un goûter dans une épicerie située près de la préfecture. Il assure avoir couru en apercevant les forces de l’ordre, mais nie avoir volé quoi que ce soit. Son avocate a plaidé l’erreur d’identification, insistant sur le chaos qui régnait ce soir-là au Mans. Le procureur a lui-même reconnu une procédure imparfaite, tout en estimant que ces insuffisances pouvaient se comprendre au regard du contexte. Pour l’enseigne Sephora, le préjudice représente 1 326 euros de marchandises dérobées, auxquels s’ajoutent les dégradations des présentoirs.

Neuf mois de prison, dont trois ferme

Le ministère public avait requis une peine de deux ans de prison, dont un an avec sursis. La défense, de son côté, réclamait la relaxe. Le tribunal a finalement reconnu Iliass coupable de vol en réunion et prononcé une peine de neuf mois de prison, dont six mois assortis d’un sursis probatoire pendant deux ans. Les trois mois ferme doivent être exécutés sous bracelet électronique. Le jeune homme devra également effectuer 105 heures de travail d’intérêt général. Une nouvelle audience, consacrée aux intérêts civils, est programmée le 14 septembre 2027. Enfin, les trois autres jeunes impliqués dans la procédure, âgés de 14, 14 et 18 ans, contestent également les faits. Contrairement à Iliass, ils sont déjà défavorablement connus de la justice. Les deux mineurs doivent être présentés à la justice des mineurs.