Mobilisations à Caen : les forces de l'ordre sous tension
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Modifié : 12h08 par Joris Marin / Crédit photo: Sweet FM
Après les débordements en marge des manifestations contre la vie chère, dont les violences du 17 octobre, notamment à Caen, un syndicat de police dénonce l'épuisement physique et psychologique des fonctionnaires engagés dans le maintien de l'ordre.
La mobilisation sociale contre la vie chère et pour l'avenir de la jeunesse se poursuit en France. Le 17 octobre, plusieurs villes du pays, dont Caen, ont connu des scènes de chaos avec des pillages de commerces et des affrontements avec les forces de l'ordre. Tristan, fonctionnaire de police à Caen et délégué départemental du syndicat UNSA Police, en service actif, décrit des équipes à bout de forces. "Il ne faut pas oublier que les collègues en maintien de l'ordre, ils ont un attirail qui pèse entre 10 et 13 kilos, qu'on les fait courir en permanence toute la journée pour pallier les éventuels débordements. Donc oui, physiquement, c'est épuisant. Psychologiquement, même chose." Il évoque aussi la pression d'être filmé en permanence dans la rue, "par tout le monde", et salue le professionnalisme des agents, qui "répondent à leur mission de service public au mieux. Ils commencent à fatiguer, mais ils croient toujours en leur utilité même si des dizaines de collègues ont été blessés légèrement, notamment l'un touché au visage, après avoir reçu une pierre sur le casque. Il est en attente d'examens médicaux approfondis."
Aucun risque de bavure selon le syndicat
Le délégué syndical écarte tout risque de dérapage de la part des forces de l'ordre. "Parce que, comme je vous le dis, déjà le collègue, je parle des gardiens de la paix, du corps des gardiens, entre autres, on répond sur ordre à chaque fois. On a tout un protocole de maintien de l'ordre qui est mis en place et qui est respecté à la lettre, notamment avec les sommations d'usage qui sont faites, demandant à la population de quitter les lieux si on sent des troubles importants à l'ordre public. Donc voilà, on ne peut pas faire autrement en tout cas," insiste celui qui est arrivé en 2006 dans la région caennaise : "Cette extrême violence, c'est du jamais-vu ici depuis que je suis là, à part peut-être sur les derniers mouvements des Gilets jaunes mais pas à cette extrémité. Cela vient occulter les vraies revendications des gens qui sont dans la rue". Ce qui avait débouché sur environ trente interpellations.
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Des effectifs insuffisants selon la police
Tristan détaille les moyens humains réellement mobilisés lors de ces samedis de mobilisation. "On a à peu près 90 à 100 fonctionnaires qui sont déployés sur la voie publique sur ces samedis un peu chauds. Mais il faut savoir que dans ces effectifs, nous avons des jeunes policiers adjoints qui font nombre. Donc ça ne veut pas dire qu'ils sont formés, loin de là, parce que justement ils n'ont pas l'habilitation à faire du maintien de l'ordre. On a des réservistes de la police civile qui viennent aussi faire le nombre. Quand on ramène tout à des effectifs qui sont réellement formés au maintien de l'ordre, eh ben on se retrouve, par samedi, à 45- 50." Les effectifs de la section d'intervention -les premiers à faire du maintien de l'ordre- sont 26 sur Caen. Ils ne disposent que de quatre véhicules en ce moment. Insuffisant pour pouvoir transporter tout le monde.
Du matériel qui manque aussi
Au-delà des effectifs, le syndicaliste pointe également un problème d'équipement, aggravé par le recours à des renforts venus d'autres circonscriptions. "On fait appel à énormément de collègues des circonscriptions extérieures, à savoir Honfleur, Deauville, Lisieux, Dives, qui eux sont souvent issus de la voie publique. Leur mission première, c'est la police secours, donc ils arrivent ici, ils ne sont pas équipés. On a du mal à trouver des jambières, on a du mal à trouver des épaulettes, on a du mal à trouver des coudières. Et puis surtout, au vu des événements qui se sont passés à Paris, on a des collègues qui ne sont pas du tout en tenue ignifugée." Tristan a conscience que la mobilisation n'est pas finie : "La fin d'année risque d'être compliquée. Le début d'année aussi avec l'entrée dans la période de l'élection présidentielle. Les collègues se demandent s'ils vont pouvoir profiter des fêtes de fin d'année".
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