Médecine : quatre villes du Centre-Val-de-Loire bientôt dotées d'une première année d'études ?

Les villes préfectures de la région aimeraient bien se doter de cette nouvelle offre de formation.

Modifié : 11h22 par Nicolas Terrien

Blois, Bourges, Chartres et Châteauroux pourraient accueillir une première année de médecine à la rentrée 2028, sous l'égide de la faculté de Tours. Un projet destiné à faciliter l'accès aux études médicales, notamment pour les jeunes qui renoncent parfois à cette voie pour des questions de coût et d'éloignement.

Et si les futurs étudiants en médecine n'avaient plus nécessairement à partir à Tours ou à Orléans pour entamer leur cursus ? C'est l'ambition portée par le Conseil régional de Centre-Val-de-Loire, désireuse de développer une première année de médecine dans les quatre départements qui ne disposent pas de faculté. Initialement envisagée pour la rentrée 2027, cette ouverture est désormais plutôt attendue en 2028 : "Pour nous, c'est le plus vite possible" insiste François Bonneau, président de la collectivité, en rappelant que les dossiers de candidature ont été déposés. Mais le calendrier dépend encore des décisions nationales. Pour Magali Bessard, vice-présidente régionale chargée des formations sanitaires et sociales, l'enjeu est avant tout de toucher davantage de jeunes : "L'idée, c'est vraiment de les encourager et de lever les freins liés au coût du logement" explique-t-elle. Car commencer des études de médecine loin de chez soi implique souvent de financer un logement et de supporter de nouvelles dépenses.

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Un environnement plus favorable à la réussite

À 18 ans, quitter le domicile familial pour intégrer une grande métropole universitaire n'est pas toujours évident. Christophe Malavaux, directeur des instituts de formation du Campus Santé 41, à Blois, évoque les contraintes du quotidien : "Aller dans une ville qu'on ne connaît pas, entouré de personnes qu'on ne connaît pas", apprendre à gérer un logement, tout en poursuivant des études particulièrement exigeantes. Une proximité qui pourrait donc constituer un véritable atout : "C'est un gage de réussite pour la suite" estime-t-il, en prenant l'exemple de sa propre fille, aujourd'hui interne, qui avait pu consacrer toute sa première année à son travail en restant au domicile familial. François-Xavier Baude, directeur des affaires médicales du centre hospitalier de Blois, souligne également que les formations de proximité peuvent offrir un environnement plus protecteur, avec des promotions de taille réduite et un accompagnement individualisé. Autre perspective : favoriser à terme l'installation de médecins dans les territoires où ils auront commencé leurs études.

Le campus Santé de Blois est prêt à accueillir une quarantaine d'étudiants en 1ère année de médecine
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Un projet encore suspendu aux décisions nationales

Reste à définir les modalités concrètes de cette première année. À Blois, le dispositif pourrait accueillir entre 30 et 40 étudiants. Les enseignements reposeraient largement sur des cours à distance, complétés par un tutorat et un accompagnement local : "Ce qu'on doit travailler localement, c'est le tutorat pour s'assurer qu'il n'y a pas un isolement" précise François-Xavier Baude. Le directeur du centre hospitalier de Blois, Francis Buneau, évoque lui aussi un enseignement mêlant visioconférences, tutorat sur place et intervention d'enseignants. La coopération avec la faculté de médecine de Tours sera aussi déterminante. Mais entre la réforme nationale des études de santé et les questions de financement des universités, plusieurs étapes restent à franchir. La rentrée 2028 constitue donc, à ce stade, un horizon de travail plutôt qu'une certitude.