Maisons fissurées et route affaissée : l’état de catastrophe naturelle pour Auberville ?
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Modifié : 11h48 par Alizée Lanzarini
Après la sécheresse de cet été, plusieurs communes normandes, comme Auberville, ont entamé des démarches pour obtenir une reconnaissance d'état de catastrophe naturelle, alors que de nombreuses maisons présentent des fissures.
Les effets de la sécheresse sont très concrets dans le Calvados, comme par exemple à Auberville. Chez Marie-Jeanne, qui habite une maison édifiée en 2003, plusieurs fissures sont apparues sur les murs et la terrasse s'est affaissée : "Il y en a un petit peu partout, mais le pire, c'est ici" assure-t-elle en désignant une déchirure dans l'enduit extérieur, à l'angle de son pavillon. "C'est cet été surtout que c'est apparu. C'est le bouquet, là". L'alternance de périodes très sèches et d'épisodes de pluie provoque sur les sols argileux des mouvements de terrain à l'origine de ces désordres.
Une dizaine de dossiers déposés en mairie
Marie-Jeanne a prévenu la commune d'Auberville dont la maire, Gladys Vignet, s'est alors rendue compte qu'elle n'était pas la seule administrée concernée. Tous les habitants touchés ont alors été invités à se signaler en vue d'une demande de reconnaissance de l'état de catastrophe naturelle. Dix dossiers ont été déposés depuis le mois dernier. Une route a également été affectée, avec un affaissement visible à la limite de Gonneville-sur-Mer, où l'équipe municipale va elle aussi engager une demande en ce sens.
Que change la reconnaisse d'état de catastrophe naturelle ?
"C'est un peu comme un sésame. Ça permet à l'assuré de bénéficier d'une instruction de dossier qui peut ouvrir droit à indemnisation. Parce que sans cet arrêté de catastrophe naturelle, les assureurs, même dans les contrats et dans les clauses particulières des contrats, ne vont pas indemniser les dommages consécutifs à la sécheresse" explique Yoann Glasson, expert bâtiment et président du collectif Koudepouce. Dans le Calvados, la dernière commune reconnue en état de catastrophe naturelle liée à la sécheresse est Valsemé, en octobre 2026.
Ne pas réparer avant la reconnaissance officielle
Marie-Jeanne a fait venir un expert pour évaluer le coût des travaux : "Vous savez pour combien je vais en avoir si je fais les réparations ? Entre 20 et 30 000 euros !". Yoann Glasson, met toutefois en garde les propriétaires concernés : "Si vous détruisez la preuve des dommages, vous détruisez ce qui potentiellement peut vous permettre d'être indemnisé. Donc, si vous avez une maison qui est fissurée et que vous refaites votre façade, le jour où il y a un arrêté de catastrophe naturelle, l'expert d'assurance ne verra plus les dommages, il va voir que c'est réparé". Il est néanmoins possible de faire des travaux de sauvegarde si nécessaire. Il est également conseillé d'attendre l'arrêté de catastrophe naturelle avant de prévenir son assureur.
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